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Une équipe qui fait la paire, sans impair aux championnats du monde

Raphaël Berrard termine 17ème du championnat du monde d’attelage en paire 2019 organisé en Allemagne à Drekbau.

Après un magnifique marathon lors duquel il termine 5ème, il clôt ce championnat avec une 6ème place dans l’épreuve de maniabilité accompagné par l’écuyer du Cadre noir Sébastien Goyheneix en tant que groom. Raphael, Sébastien et Fabrice livrent leurs impressions au retour de cette grande échéance. Il en ressort un véritable esprit d’équipe, avec une organisation optimale dans un climat de confiance et d’échange.

copyright : J. MOS

Comment s’est passée la préparation des chevaux de compétition Thalie de Charme, Ravie d’être Ici et Tango de Saint Rémy qui sont aussi des chevaux de formation pour le site du Pin ?

Raphaël BERRARD : les chevaux étaient déjà prêts physiquement, donc on a fait attention à ne pas rentrer dans un travail plus dur que d’habitude. Ils ont par exemple fait un peu de travail à pied avec notre élève CS UCAC, Bérénice Geoffret.

On a préparé les spécificités des épreuves de dressage et de maniabilité.

La pression lors d’un championnat du monde est beaucoup plus grande que lors d’un championnat de France. Tout le monde a envie de faire au mieux. On a forcément envie de tout donner, mais il ne faut pas dépasser les limites que ce soit en épreuve ou en préparation, sinon on arrive à la contre-performance

Fabrice MARTIN : Un planning de travail régulier a été mis en place avec une alternance entre les séances de travail à pied, de travail monté, de répétition de la reprise de dressage et de travail de la maniabilité. Ce planning a permis de réaliser le travail spécifique dont Raphaël avait besoin et les chevaux ont pu assurer une partie des formations.

Trois semaines avant le départ, nous nous sommes rendus, avec Raphael et Sébastien au regroupement organisé par le staff fédéral à Lignières. L’objectif de ce rendez-vous était avant tout de gommer les points faibles de chacun tout en renforçant les points forts.

La visite d’inspection par les vétérinaires est spécifique en attelage. Le jour précédent la première épreuve, l’équipe doit présenter les chevaux en main individuellement.

A l’issue de cette visite, le staff décide de la composition de l’équipe. Puis il y a un deuxième contrôle pendant le marathon à l’issu du routier avant la phase B, et enfin  une dernière visite est réalisée avant l’épreuve de maniabilité mais avec des chevaux attelés. Toutes les équipes ont donc révisé la présentation de la visité vétérinaire ainsi que le travail spécifique de la reprise de dressage.

Le reste du temps a été aménagé à la carte en fonction de chaque équipage. Pour Raphael, cela s’est donc limité au travail concernant l’épreuve de maniabilité, et un peu d’exercices du marathon.

Les chevaux de Raphaël n’ont pas la même qualité que les autres équipes en dressage.  C’est un cob normand, Tango de saint Rémy, qui accompagnait Thalie de charme SF pour nous présenter une reprise de dressage à la hauteur de nos espérances. Ce sont des chevaux de formation, et nous avions donc mis en place une stratégie adéquate à leur potentiel. L’objectif était de rentrer dans les 60 points au dressage car cela correspond à leur niveau maximum. Avec ce score, nous pourrions ensuite laisser exprimer la qualité des chevaux et du menage sur la maniabilité. Sur cette épreuve, Raphael manquait de rythme en début de saison, c’était son gros point faible. On a donc travaillé en amont pour maintenir le même niveau de précision tout en augmentant la cadence. Le contrat est donc bien rempli et le résultat parle de lui-même pour les trois épreuves.

Je trouve que nous avons su tirer le maximum de la quintessence de ces chevaux de formation, car au final 17 e mondial alors que personne n’aurait mis un billet sur cet attelage, c’est une véritable victoire pour l’équipe.

 

Comment travaillez-vous avec le staff fédéral en dehors des temps de regroupement ?

Fabrice : Le staff fédéral apporte un véritable soutien sur l’encadrement. C’est une aide supplémentaire également sur le terrain. Comme nous nous connaissons depuis de nombreuses années avec Quentin Simonet, conseiller technique national, et Felix Marie Brasseur, entraîneur national, l’échange est très ouvert. En épreuve par exemple, on choisi en amont, avec Sébastien et Felix,  celui qui interviendra auprès de Raphael lors de la détente. Bien souvent d’ailleurs on laisse la place à Félix sur le terrain de concours car nous sommes plus sur la gestion en amont avec Sébastien.

Sébastien Goyheneix : on travaille avec le staff fédéral sur chaque compétition internationale et lors des stages de préparation comme à Lignières. Cette collaboration n’est pas nouvelle puisqu’on travaillait déjà conjointement pour l’accompagnement de Renaud Vinck. Sur le terrain, nous sommes plusieurs entraîneurs autour d’un même attelage. Nous travaillons donc ensemble de façon intelligente et intelligible pour ne pas parasiter le travail du meneur et aller dans un intérêt commun. On a la chance de collaborer avec Felix Marie Brasseur : un entraîneur très à l’écoute, qui donne son avis avec du recul mais qui ne l’impose jamais.

Raphaël: Depuis trois mois, je communique beaucoup avec l’entraineur national par le biais de Whatsapp. Je lui envoie régulièrement des vidéos à l’entraînement et il me fait ainsi ses retours. De la même façon, la vétérinaire de l’équipe de France Virginie Coudrie nous suit pour optimiser l’état de forme des chevaux.

 

Sur place, quelle était l’ambiance à votre arrivée? comment est-ce que vous avez gérer le voyage et la fatigue, la pression, la motivation, la récupération des chevaux ?

Raphaël : C’est un championnat du monde, l’évènement fait que les gens sont plus énervés plus excités, donc il faut réussir à faire extraction de ça, et être dans la compétition à 200% en faisant du mieux possible. C’est la seule vraie différence avec un car ceux sont les mêmes exigences, les mêmes profils d’obstacles, les mêmes épreuves.

On a une équipe rodée, mais assez serrée, notamment pour la gestion des chevaux avec Margot et Sébastien. Je me suis posé la question en amont du championnat de savoir si je prenais une personne en plus pour nous aider sur place. Finalement, d’un commun accord avec Fabrice, on a fait le choix de rester en équipe restreinte car tous les membres ont l’habitude des échéances comme les championnats du monde. Ces expériences nous permettent donc de gérer au mieux les soins, le transport et les horaires, les briefings et les débriefings dans les meilleures conditions. Avec mon équipe, tout ce qui gravite autour de l’événement (cérémonie d’ouverture, remises, etc ) est gérer plus aisément.

On a aussi fait le choix de prendre de l’avance pour le transport car je suis le seul conducteur. La route est longue et fatigante, et suite à l’expérience du CAI de Beekbergen, lors duquel j’avais été très fatigué par le transport, nous avons donc optimisé ainsi le voyage et la récupération pour les chevaux comme pour moi. C’est aussi une façon d’éliminer le stress grâce à un timing parfait.

Enfin chacun avait un rôle bien calé dans l’équipe. Fabrice est par exemple resté sur le qui-vive pour aller chercher toutes les infos. Il était à l’écoute de tout, et notamment il a suivi les autres participants pour regarder les options et me permettre ainsi de choisir et d’adapter mes trajectoires en fonction des passages des autres concurrents.

Fabrice : on a l’avantage concernant notre équipe de bien se connaître tous les quatre. Chacun sait ce qu’il a à faire et comment se comporter.

Le staff a aussi vraiment apprécié l’encadrement et l’entente de l’équipe IFCE. Même si pour Raphael la pression était forcément plus grande, nous sommes partis en se disant qu’on fonctionnerait comme tous les autres concours.

On est arrivé le lundi vers 12h. Pour ma part, dès mardi j’ai fait le tour du site, et quand j’ai vu la complexité du marathon j’étais rassuré ! Un très gros marathon, et une épreuve parfaite pour Raphaël, avec notamment deux obstacles dans l’eau donc le numéro 6 entièrement dans l’eau. Je ne me suis pas trompé vu le résultat du marathon.

Raphael et Sébastien se connaissent depuis longtemps, et toute l’équipe fonctionne bien.

Dans le travail d’équipe, pour soulager tout le monde, comme par exemple laisser un peu de temps de récupération à Raphael, chacun a sa place. Margot est essentiellement sur la gestion de l’écurie, les soins, la préparation, avec Sébastien en complément pour la sortie des chevaux en main notamment. J’étais sur la préparation du matériel, et sur la sortie quotidienne de Tango. Grâce à cela, Raphaël disposait ainsi d’une pause de 1H30 pour lui, pour se concentrer avant chaque épreuve de la compétition.

Au sein de l’équipe de France globalement, il y a eu une entraide qui s’est mise en place rapidement entre les équipes des 6 meneurs français. J’ai par exemple aidé à l’intendance, lors du marathon, pour cramponner à la halte des 10 minutes, tous les attelages qui avaient besoin de crampons. On a vraiment formé une équipe soudée, du début à la fin.

Il y avait un débriefing tous les soirs avec le staff, les meneurs et les grooms. Chaque soir ce rendez-vous se déroulait dans des camions différents, et j’ai été convié à tous les débriefings.

Nathalie mull nous a rejoint au début des épreuves, et cette présence a été appréciée de tous. C’était un plus pour la motivation de Raphael. Pour Nathalie, ce rendez-vous lui a permis d’apprécier le travail de fond pour être prêt le jour J à l’heure H, mais aussi de comprendre les tenants et les aboutissants de cette discipline, et de voir la différence de qualité des chevaux entre nation.

Sébastien : Nous avons bien réfléchi à l’organisation en amont. Toutes les compétitions internationales auxquelles nous participons servent de répétitions.

Il est très important pour le sportif et l’équipe d’être dans une ambiance particulière. Le sportif doit se sentir assez bien pour accéder à un état de lâcher prise qui va lui permettre de performer. Lors d’une compétition, on fait des points quotidiennement sur le rôle et les attentes de chacun. L’exprimer facilite énormément l’exécution. Il faut que l’organisation soit parfaite, car toutes les jours, il peut y avoir des événements perturbateurs prévus ou imprévus, tels que les briefings ou la cérémonie d’ouverture. Il faut pouvoir gérer tous ces moments annexes aux épreuves.

Avec Raphael, on se concerte autant que possible. Quand je suis dans la peau de l’entraineur je suis porteur de solutions, tandis que dans mon rôle de groom, je suis plus en demande de conseils.

 

Quel est votre meilleur souvenir? Qu’est-ce que cette expérience de haut niveau vous a apporté et quel est le prochain objectif ?

Raphaël : Mon meilleur souvenir, c’est la fin de l’épreuve de maniabilité. On clôture alors le concours qui s’était très bien passé avec un classement vraiment satisfaisant, et on savait ainsi qu’on avait une très grande chance de remonter au classement. Et ce fut le cas !

L’objectif désormais est de rester à ce niveau-là, c’est-à-dire de pouvoir prétendre aux championnats du monde, tout en progressant sur les points d’amélioration. Pour cela, il nous faut travailler l’épreuve de dressage, et faire des apports de cavalerie. On souhaite se servir de la base dont on dispose actuellement pour pouvoir encore évoluer.

J’ai envie d’être encore plus performant. Se remettre en cause est bénéfique aussi bien pour moi, que pour les chevaux, pour les élèves, et pour l’IFCE parce qu’on apprend énormément sur ce type d’évènement et surtout d’organisation.

J’ai été ravi du soutien de l’équipe IFCE : ceux qui m’accompagnent sur le concours, mais aussi tous ceux qui sont restés à l’école et qui nous ont aidé dans la préparation comme les soigneurs, les maréchaux, le vétérinaire, le mécanicien, les selliers-harnacheurs et l’équipe administrative. Pour leur donner des nouvelles durant tout le championnat depuis notre départ, nous avions fait un groupe de discussion, et toute l’équipe nous a soutenu et a vécu le championnat à distance avec nous, c’est une belle aventure IFCE.

 

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Sébastien : Ce qui m’a le plus marqué, émotionnellement, c’est le passage de la ligne d’arrivée de la maniabilité ! C’est vraiment très fort d’être sur la voiture au moment où ça se passe. Même si, niveau sensation, bien sur chaque obstacle du marathon était une montée d’adrénaline. J’étais également très content d’aller à la remise des prix de la maniabilité tous les trois en attelage avec Raphael, Margot et les chevaux.

Je retiendrais surtout le bon fonctionnement d’une équipe dans laquelle chacun était à 200 % de vigilance, de disponibilité. On n’a jamais été en retard et le championnat s’est passé en très bonne intelligence.

Au vu des résultats de ce championnat du monde, il nous faut maintenant préparer la relève pour espérer se représenter dans deux ans et intégrer l’équipe de France.

Fabrice : Le meilleur souvenir : il n’y en a pas qu’un ! En premier lieu, je penserai aux panneaux lumineux qui affichent les temps à chaque sortie d’obstacle. C’est génial quand on voit les chronos qui s’affichent et on lit le nom de Raphael premier du marathon jusqu’à la première moitié de l’épreuve.

En deuxième, je repense à la maniabilité. Sur cette épreuve, quand Raphaël entre en piste, on voit qu’aucune nation n’est en dessous de 10. Et là il sort sans faute aux quilles avec juste 2 secondes de temps dépassé. Après le passage de 40 concurrents, il prend la tête ! Même si les cadors de la discipline reprendront quelques places au classement, il termine à la magnifique et honorable 6ème place.

Enfin, je pense également au plaisir que lui et les chevaux ont pris pour tout donner à la sortie des obstacles de marathon, de vrais guerriers. Ils ont vraiment joué la participation en communion totale avec Raphaël et Sébastien.

On ne veut pas et on ne peut pas en rester là. Pour ce premier championnat avec des chevaux de formation, il a prouvé qu’il avait sa place. Il faut continuer à avancer dans ce sens, certainement en s’attachant à sélectionner des chevaux de formation de qualité supérieure pour le dressage. Raphaël a prouvé qu’il avait le mental et l’expérience pour tenir à ce niveau et que l’IFCE avait toutes les qualités du travail et de l’exigence pour ce niveau.

Quand on considère qu’on est au maximum de ce qu’on peut faire c’est qu’on n’est pas dans la bonne filière, il faut toujours se remettre en question et chercher à progresser.  Pour l’équipe, la marge de progression est encore très grande. J’ai encore beaucoup de transfert de compétences, tout comme Sébastien, à apporter à Raphael et ce dernier a soif d’apprendre. On échange beaucoup on s’entend très bien et ça fait notre force au quotidien comme dans les compétitions. Je fais tout pour lui laisser son espace vital en étant discret.

Pour moi, le travail doit être fait en amont, en compétition je suis plus en observateur. Le résultat de Beekbergen était une bonne étape pour tester ce que je voulais travailler avec cette équipe. Le choix des options de trajectoire réalisé à Beekbergen n’était pas du plus judicieux et la concurrence était forte.  J’ai donc tenu qu’au championnat le choix des options soit le plus proches de celles choisies lors du CAI de Saumur et du Haras du Pin où les résultats étaient bons. On a eu plusieurs discussions sur le choix de ne pas faire de tombants, de poteaux etc tous ensemble, et on a eu raison comme le prouve cette 5ème place au marathon.

Dans le futur proche, nous devons nous retrousser les manches pour continuer à avancer et à améliorer nos résultats. Pour cela il faut prévoir la relève de Ravie et Thalie qui sont avant tout des chevaux de formation et qui prennent de l’âge. Delamour* ENE-HN va bientôt être débourré à l’attelage dans cet objectif, en espérant que tout sera prêt pour les prochains championnats avec pour objectif de faire encore mieux en 2021. Dans l’hiver il   y aura 2 ou 3 rendez-vous surement pour faire des points avec le staff fédéral, voir comment tout ça a évolué. L’objectif pour Raphael sera donc d’y aller avec la nouvelle recrue. Il est important aussi de se regrouper avec les autres car on apprend à se connaitre et à se soutenir.

 

On a prouvé que le savoir-faire peut faire et fait la différence. Quand on se connait bien, qu’on travaille bien ensemble avec le bon encadrement, tout se passe au mieux. Raphaël a prouvé qu’il avait l’âme d’un bon compétiteur en plus d’être un bon formateur.

 

Pour conclure ces interviews, nous avons demandé son ressenti également à Nathalie Mull, directrice de la performance sportive de l’IFCE:

J’ai trouvé une équipe soudée et efficace avec un meneur qui manifestement a beaucoup de talent.

Il a réussi, avec des chevaux de formation à ne pas être trop « décroché » de la tête du classement sur le dressage. Il a ensuite réussi à réaliser deux exploits en terminant à la 5ème place de l’épreuve de marathon du championnat du monde sur 82 attelages ! et le lendemain il réitère avec une 6ème place en maniabilité, il possède certainement nombres de qualités qui font les champions!

Les résultats c’est une chose, mais Toutes ces épreuves en plus ont été réalisée avec style. Il était facile de comparer les différents styles des meneurs, j’ai pu apprécier la fluidité et la sobriété du »style » de Raphael.

Je me suis dit qu’il était la transposition à l’attelage des valeurs de l’Equitation de Tradition Française portées par le Cadre noir de Saumur :  légèreté, sobriété et élégance.

Concernant l’équipe, certes Raphaël est le meneur, mais il peut compter sur :

  • Sébastien en tant qu’entraîneur et groom sur le marathon et la maniabilité,
  • Fabrice en tant qu’entraineur toujours présent là où il faut, en lien continuel avec l’entraîneur national et le directeur technique national notamment pour échanger sur la stratégie ou tactique à suivre sur chaque épreuve
  • Et Margot, la femme de Raphael qui est à la fois groom pour le dressage , et  qui s’occupe parfaitement des chevaux, avec une organisation sans faille et soutien toujours positif.   Cette performance est pour moi aussi celle d’une équipe, et je ne crois pas que Raphael me contredira!

 

 

 

Pédagogie innovante et transfert d’apprentissage

L’IFCE est engagé dans un projet d’optimisation de l’apprentissage et de la performance du cavalier et du meneur par l’ajustement innovant des méthodes d’enseignement .

Découvrez dans l’article ci-dessous de nombreux exemples d’application au sein des formations notamment.

 

Les applications au sein des formations de l’IFCE au quotidien : exemples au sein des cursus BPJEPS sport de l’ESCE –Saumur

  •  Préparation physique et exercices de proprioception

Les formations sport BPJEPS et DEJEPS permettent la préparation d’un diplôme d’enseignement en parallèle d’un programme d’entraînement sportif. Encadré par un coach, les élèves disposent de cours de préparation physique lors desquels ils sont amenés à développer également leurs capacités proprioceptives. Ces dernières sont importantes pour le cavalier car il doit être capable de dissocier les actions des différentes parties du corps. A titre d’exemple, le cavalier doit absorber les mouvements produits par la locomotion de son cheval sans le perturber. Il doit aussi pouvoir agir avec à-propos et finesse, avec ses mains, ses jambes, tout en prenant des informations avec le regard sur le tracé à effectuer ou les difficultés à venir.

La concentration et de la respiration ont un rôle primordial dans la réalisation de ces exercices dont l’objectif est d’améliorer le fonctionnement et l’équilibre des cavaliers. Une respiration lente permet de se recentrer sur soi. L’expiration facilite le relâchement.

Exemples d’exercices en images proposés au sein des formations de l’ Ecole supérieure du cheval et de l’équitation par Nicolas Sanson (écuyer du Cadre noir de Saumur, et directeur adjoint en charge de la pédagogie et des moyens du Pôle Formation )

 

 

  • Mise en selle avec les enfants

Afin de mettre les élèves BPJEPS en situation d’animation et de gestion de pédagogie collective, des séances avec des enfants sont organisées entre le mois d’avril et la fin du mois de Juin. Cette animation présente de nombreux atouts pédagogiques : Au sol puis à cheval, les enfants doivent respecter les règles de sécurité, apprendre à se positionner avec le cheval. Puis ils apprennent à s’orienter dans l’espace sur le cheval et développent ainsi les réflexes primaires, d’abord avec des exercices de voltige puis en selle.

 

 

Accompagner les enseignants et développer leurs compétences avec des situations pédagogiques innovantes


Les professionnels se doivent de proposer aux pratiquants des situations pédagogiques évolutives variées, les mettant davantage dans un confort physique et mental pour  s’approprier la pratique équestre sous toutes ses formes.
Pour répondre à ce besoin, l’IFCE a donc développé un « Certificat de Compétences Spécifiques » axé sur le transfert d’apprentissage au service de la performance. Cette formation, destinée aux enseignants et entraîneurs d’équitation alterne mise en situations concrètes, éclairages théoriques, retours d’expériences et travaux personnels.

Ce Certificat de Compétences Spécifiques vise à :

  • Diversifier la pratique par le travail à pied ; à la longe et aux longues rênes afin de solliciter l’apprentissage visuel de la motricité du cheval.
  • Offrir des situations sécurisées pour permettre au cavalier d’approcher des sensations d’équilibre et de disponibilité motrice qu’il n’aurait pas quand il faut qu’il s’occupe en même temps de la propulsion et de la direction.
  • Développer chez tous les cavaliers la communication et le tact avec le cheval.

L’ouverture à une pédagogie collective par ateliers, se rapprochant de la pratique des enseignants d’éducation physique et sportive, permettra aux professionnels d’accueillir les groupes, les classes, les colonies de vacances.

Ces apprentissages à côté du cheval, en groupe ou en situation d’apprentissage spécifique permettent de compléter le répertoire moteur du cavalier autour de perceptions, de sensations et de motricités qu’il pourra réinvestir, au travers des transferts d’apprentissages quand il se retrouvera en situation d’équitation classique à califourchon.

 

Tout savoir sur le CCS transfert d'apprentissage

 

  • Les travaux d’innovation pédagogique en attelage

Depuis 2014, l’IFCE est engagé dans un projet d’optimisation de l’apprentissage et de la performance du meneur par l’ajustement innovant des méthodes d’enseignement à l’attelage en partenariat avec le Laboratoire Interdisciplinaire de recherche en Didactique, Éducation et Formation (LIRDEF). Aujourd’hui, ces dispositifs de formation comprennent différents outils pédagogiques :

– un livret du formateur ;

– le précis du meneur d’attelage (vol.1), au format de poche ;

– un environnement de vidéo-formation ERCam (Ecouter Regarder Comprendre l’activité de menage) ;

– un prototype de simulateur interactif de communication par les guides coMtactS issu du partenariat avec l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Métiers (ENSAM) de Chalon sur Saône.

Afin de continuer l’ajustement des outils pédagogiques innovants aux situations réelles de travail rencontrées dans les centres équestres, l’IFCE souhaite expérimenter dès à présent la mise en place d’espaces de coopération public-privés afin de soutenir la diversification et l’innovation dans les pratiques d’enseignement des établissements de formation équestre.

 

  • Accompagner les enseignants avec des ouvrages thématiques sur les transferts d’apprentissage

Equitation et Judo : les transferts d’apprentissage

Depuis plusieurs années, les stagiaires de la formation universitaire et professionnelle de l’IFCE pratiquent le judo et le taïso. La volonté des formateurs d’inclure ces disciplines dans le cursus de formation découle de constatations. Le cavalier doit être un athlète complet en pleine forme physique.

Pour durer dans l’enseignement et l’entraînement d’une discipline sportive, il faut prendre soin de son corps et rester en très bonne forme physique. Le taïso est une discipline qui y contribue fortement.

La connaissance et la pratique de certaines techniques de judo n’est pas une fin en soi mais des outils pour rendre la pratique de l’équitation plus sûre. Le judo permet des transferts positifs vers l’équitation au travers de nombreux principes : La conduite de soi, l’écoute des partenaires et autrui, les déplacements synchronisés, l’équilibre, la préparation physique adapté, etc..

Un ouvrage sur cette démarche innovante autour des différents transferts d’apprentissage possible entre ces deux disciplines vient de paraitre. Il est destiné aux cavaliers et aux enseignants.  Dans ce livre, chaque notion est traitée d’un point de vue « cavalier » et d’un point de vue judoka. Le tout est éclairé par une approche scientifique. Les auteurs grâce à ce livre souhaitent amener chaque cavalier à réinvestir dans son équitation ce qu’il a appris au judo / taïso. Ils proposent des outils et des connaissances pour faire entrer le cavalier dans une dynamique d’autonomie dans la réalisation des gestes et d’attitudes contrôlés, sécurisés et justes.

 

Acheter l'ouvrage en ligne