Risques sanitaires : « l’information a une importance primordiale »

Bénédicte, quel est le rôle du RESPE en deux mots ? 
Le réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine (RESPE) est un système de veille et d’alerte sur les maladies principalement contagieuses qui permet de mettre les éleveurs en alerte dans la zone géographique concernée par une potentielle épidémie. Dans le cas d’un risque élevé, une cellule de crise est déclenchée cette cellule réunit au téléphone dans les 24 heures tous les acteurs concernés, vétérinaires, laboratoires, organisateurs de rasemblements ou compétitions, pour prendre des mesures de maîtrise. Le réseau fonctionne avec des vétérinaires sentinelles dispersés sur tout le territoire. Chaque suspicion doit être confirmée par analyse  avant de diffuser une alerte .

Quels sont les partenaires adhérents du RESPE ? 
Le RESPE est une association de vétérinaires qui a vu le jour en 1999 et qui s’est ouvert en 2008 suite à l’épidémie d’artérite en Normandie  à tous les organismes de la filière. Il est financé en partie par les adhérents ainsi que par des subventions des collectivités normandes, de l’IFCE et du Fonds Eperon. 

Comment l’action du RESPE est-elle jugée par les socioprofessionnels ?

Les actions du RESPE sont de plus en plus connues car les adhérents sont très impliqués et diffusent largement l’information. Le RESPE est sollicité dès qu’il y a les prémices d’une crise sanitaire c’est un signe du bon fonctionnement de ce réseau. Il y a aussi une bonne diffusion internationale. L’Irlande et la Belgique mettent actuellement en place des systèmes similaires.

Quel est le rôle de l’Ifce dans le RESPE ?
L’Institut français du cheval et de l’équitation est un partenaire fort du RESPE car il met à disposition  des experts et il participe largement à la communication lors des alertes, notamment vers les détenteurs qui sont répertoriés dans la base SIRE.

Quel rôle sanitaire l’Ifce a-t-il à jouer dans les années à venir ?
Un groupe  de travail sur la traçabilité sanitaire a été initié au sein du Comité SIRE. Ce groupe coordonne et regroupe tous les acteurs de la filière équine sur les questions sanitaires comme l’équarrissage, le suivi médicamenteux, les échanges de données sanitaires. Le SIRE a vraiment un rôle à jouer avec la dématérialisation des données. Par exemple, le traitement médicamenteux d’un équidé sera bientôt suivi et enregistré dans la base et plus uniquement dans le livret ce qui permettra aux abattoirs de contrôler si le cheval est autorisé à la consommation et de débusquer les fraudes. Parmi les autres projets, la transmission directe des résultats d’analyses des laboratoires qui testent les reproducteurs vers la base SIRE permet d’avoir une base de données sur les maladies de la monte très riche sur le plan épidémiologique. Plus on aura de connaissances sur les maladies, plus il sera facile  négocier avec les pays pour les échanges internationaux. Dans le futur, la dématérialisation des certificats de vaccination apporterait des garanties à tous les niveaux et faciliterait les contrôles au moment des engagements en course ou compétition par exemple, ce qui renforcerait la sécurité sanitaire.

Quelles sont les challenges à venir en terme sanitaire pour la filière dans les années à venir ?
Le développement du RESPE et des alertes sanitaires sont très liés aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Par exemple, VigiRESPE permet à n’importe quel éleveur d’envoyer par texto des informations s’il pense qu’il y a un risque d’épidémie. Le RESPE qui réceptionne tous les textos va bien entendu  valider cette « rumeur »  auprès des vétérinaires sentinelles et pouvoir ainsi diffuser des alertes encore plus précoces. Les mouvements des chevaux dans le monde sont en augmentation exponentielle ce qui accroît le risque de circulation des maladies et d’épidémies. La filière est consciente de cette fragilité et l’information sanitaire revêt une importance primordiale.

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