Un écuyer du Cadre Noir au service de l’attelage et du para-dressage

A l’occasion des Jeux Équestres Mondiaux de Tryon et des Championnats du Monde d’attelage solo de Kronenberg, nous avons interviewé les agents Ifce au service de la filière équine pour en connaitre davantage sur leur rôle. L’écuyer du Cadre noir de Saumur, Sébastien Goyheneix, à la fois entraineur au service du para-dressage et de l’attelage, se confie sur ses sentiments faces aux sélections de Renaud Vinck et José Letartre qu’il entraîne dans les deux disciplines.

 

José Letartre et Sébastien Goyheinex web©Grand Insep« Quel est votre parcours ?
– Au départ, j’ai commencé par le concours complet car j’ai eu un attrait assez fort pour la compétition et ensuite pour le haut niveau. J’étais, notamment à une époque, membre de l’équipe de France et faisais partie des cavaliers de haut niveau dans les premières années où je suis rentrée à l’école nationale d’équitation de Saumur. Cette discipline m’a servi de fil conducteur car elle permet une ouverture d’esprit et une qualité essentielle selon moi : la « polyvalence ». L’intérêt que je porte à toutes les disciplines équestres vient surement de là ! Ce parcours n’a pas été prémédité mais il reste cohérent. Une fois entré à l’Ifce, j’ai pu exploiter ma fibre pédagogique et mon besoin de transmettre, que ce soit à travers la formation professionnelle que le coaching sportif. C’est pourquoi je me suis expérimenté en tant qu’entraineur dans la discipline de l’attelage et du para-dressage.  J’ai commencé en 2013 avec l’attelage à la demande du meneur Renaud Vinck qui voulait intégrer un travail monté à l’entrainement et à la préparation de son cheval Don Camillo*ENE-HN. Le but est de développer une approche assez innovante de la discipline qu’il a lui-même appelé « équitation attelé ». Un an plus tard, il participe au championnat du monde d’Izsak en Hongrie, où je l’ai accompagné. Deux ans après, il est de nouveau sélectionné pour un championnat du monde et aujourd’hui, il part pour son 3ème championnat du monde avec Don Camillo.

Pour le para-dressage, c’est plus récent puisque j’ai commencé pendant l’hiver 2015. J’ai succédé à un collègue, l’écuyer Philippe Limousin, pour entrainer José Letartre. En 2016, José est allé aux Jeux Paralympiques de Rio de Janeiro avec un contexte spécial puisqu’il changeait de cheval et d’entraineur. Ça ne l’a pas empêché de finir 6ème. Ensuite, je l’ai accompagné au Championnat d’Europe de Göteborg où ils ont fini 4ème. Cette année, le couple déroule une très bonne saison, et devrait, je l’espère, être sélectionné pour les JEM de Tryon. »

 

– Quel est votre rôle au sein du centre d’expertise de para-dressage ?
– Je suis référent et responsable des entrainements du cavalier José Letartre avec mon cheval de manège, Swing Royal*ENE-HN, au même titre que Nadège Bourdon qui entrainait Céline Gerny avec Vol de Nuit*ENE-HN. De plus, lors des rassemblements de l’équipe de France de para-dressage sur le site de Saumur, j’anime des stages fédéraux en les accueillant et en les accompagnant lors de leurs préparations, notamment pour le championnat d’Europe de Göteborg l’an dernier.

 

– Comment vivez-vous cette sélection ?
– Je suis très heureux que Renaud soit sélectionné parce que c’est un aboutissement, en particulier avec ce cheval-là qui a la particularité de courir son 3ème championnat du monde. C’est assez exceptionnel dans cette discipline. On peut imaginer que ce sera le dernier pour lui… C’est pour cela que je parle d’aboutissement. Il va falloir qu’on montre le meilleur de ce qu’on est capable de faire. Renaud a déjà été médaillé en équipe avec ce cheval. Renouveler cette performance serait déjà au beau dénouement, mais accéder à une performance individuelle en plus serait le meilleur scénario. Je pense sincèrement que ces performances sont possibles au vu de leurs résultats de cette année. Je pars avec beaucoup d’espoir car ils n’ont jamais été aussi prêts qu’aujourd’hui. Hâte d’y être !

Concernant la sélection de José, il le mérite car il a toujours été en progression depuis la création de ce nouveau couple. De plus, il a toujours été à son meilleur niveau sur les championnats, ça mérite d’être souligné ! On pourrait imaginer que ce soit pareil cette année car il a eu une saison excellente avec de très bons résultats, il a toujours été sur le podium. Nous partons dans un contexte différent des années passés puisque nous avions tout à gagner. Or cette année, je pense que José sera attendu au tournant et nous y allons clairement pour obtenir une médaille.

 

– Comment préparez-vous cette échéance ?
« Avec Don Camillo, il n’y a pas de préparation spécifique. L’entrainement se fait comme d’habitude et je me place vraiment qu’en tant qu’accompagnateur. J’ai la chance d’entrainer deux cavaliers dans deux disciplines différentes qui ont beaucoup d’expériences, qui connaissent bien le haut niveau et ce genre de compétitions.

En para-dressage, je dirais que la gestion du cheval est la plus importante que la préparation en elle-même. Le cheval est prêt et n’a pas fait une grosse saison, il a fait quatre concours internationaux mais il a fait de longs voyages. J’essaie vraiment de gérer l’état de santé du cheval notamment par rapport à la fatigue en le laissant frais et disponible pour ces Jeux Équestres Mondiaux. Nous avons levé un peu le pied et nous l’avons gardé dans l’entrainement mais en le sollicitant moins, tout en mettant en place un programme qui va lui permettre de remonter en puissance pour cette échéance.

Quant aux cavaliers, je fais en quelque sorte de la « psychologie », c’est-à-dire que je leur permets de trouver plus facilement les clés/outils/ressources dont ils ont besoin pour être à leur plus haut niveau et qu’ils développent le plus possible leur autonomie.

 

– Un mot d’encouragement pour vos athlètes ?

– Ce que j’ai vraiment envie de leur dire, c’est que je leur fais entièrement confiance, que je les sens capable du meilleur et que je serais avec eux quelle que soit l’issue de la compétition ».

 

Retrouvez également l’interview de Perrine Hernu : groom du meneur Renaud Vinck

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