République tchèque : une filière équine en développement

Entrée du Haras national, Tchèquie, statue tête de cheval Kladruber

Entrée du Haras national, République tchèque, statue tête de cheval Kladruber

L’assemblée générale de l’Association européenne des haras d’État s’est tenue au Haras national de Kladruby, en République tchèque les 22 et 23 mars 2018. Au lendemain des ces deux jours, une rencontre était organisée avec l’attachée agricole de l’Ambassade de France à Prague. Ce rendez-vous a permis de récolter une série de données sur le cheval en République tchèque et de nouer les contacts qui, à l’avenir permettront de travailler avec la Tchéquie sur les dossiers européens. En voici quelques éléments.

Après trente ans de recul, le cheptel équin augmente

Depuis le début des années 2000, le nombre d’équidés en République tchèque va croissant, après presque trente années de recul. La filière est aujourd’hui estimée à 91 375 têtes, son niveau des années 70, dans un pays huit fois plus petit que la France.

22 races, représentées par 13 associations, cohabitent en République tchèque et si les équidés sans origines constatés constituent près de 30% du cheptel, le Selle Tchèque vient en seconde position (25%) suivi du pur-sang anglais (10%).

Une race locale : Le Kladruber

Trois haras nationaux gèrent les races locales, tel le Kladruber (2% du cheptel). La mission du Haras de Kladruby nad Labem, plus grand haras des trois haras publics, est la conservation de la race Kladruber. Le Haras vit donc, avec ses étalons et ses juments, au rythme des différentes phases de l’élevage puis de la formation d’un cheptel entendu comme un patrimoine national. En 2014, le nombre de Kladruber s’élevait à 1836, gérés sur le site par un personnel de 60 personnes environ.

Les Kladruber sont de grands chevaux élégants et puissants, marqués par un profil baroque, parfois fortement busqué, qui rappelle le trotteur français ancienne formule. Ceux dont la robe est blanche servaient historiquement au transport et à la pratique de l’équitation dans l’aristocratie alors que les noirs étaient attelés aux corbillards. Cheval polyvalent, le Kladruber est aujourd’hui utilisé en dressage, à l’obstacle, en loisirs et en attelage. Son modèle de « carrossier chic », son bon caractère et sa maniabilité font toute sa renommée.

Une base centrale des équins

Kladruby abrite également la base centrale tchèque des équins. Certaines associations enregistrent elles-mêmes leurs chevaux et transmettent ensuite cette information à la base centrale qui verse ces données régulièrement à la base centrale toutes espèces du ministère tchèque de l’Agriculture.

Une forte demande

La filière tchèque est aujourd’hui victime de son propre dynamisme. En effet, la demande intérieure en équitation pèse sur le nombre de juments mises à la reproduction et on assiste, depuis 2008, à une baisse du nombre de naissances, notamment pour le Selle tchèque. Toutes les utilisations du cheval sont représentées : sport, loisir, courses, cheval de travail, police et armée, utilisation thérapeutique du cheval. La fédération d’équitation tchèque compte aujourd’hui 18 500 adhérents.

Le nombre de chevaux importés dépasse régulièrement celui des exportés mais les exportations en 2013 ont nettement augmentées, témoignant d’un intérêt nouveau pour la production équine tchèque.

 

Article rédigé sur la base des informations préparées avec beaucoup de diligence par la chargée d’études de l’Ambassade de France à Prague, Olga Gheorghiev et les derniers chiffres disponibles via la base centrale gérée par le Haras de Kladruby.

 

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