Interview de Fabrice Gakière, meneur à mobilité réduite

Fabrice Gakière, 52 ans, meneur à mobilité réduite, nous raconte son expérience en attelage.

« J’étais cavalier de concours, et suite à une chute j’ai troqué mes bottes pour un fauteuil. Je suis devenu tétraplégique à temps plein. »

      « Je suis compétiteur dans l’âme »

« L’attelage est arrivé depuis quelques années avec Françoise Lumalé qui était la directrice du site IFCE du Haras d’Hennebont. J’ai continué et je me suis orienté vers la compétition, car je suis compétiteur dans l’âme.

« Un milieu que j’affectionne beaucoup »

Je remonte un peu de temps en temps mais je ne peux faire que du pas et du trot. En attelage, je retrouve énormément d’anciennes sensations de mon passé de cavalier. Ça me permet de rester dans un milieu que j’affectionne beaucoup.

                                                             « Tout ce qu’on peut essayer, on l’essaye. »

Le para-attelage demande des règles spécifiques de sécurité. Je n’ai pas d’équilibre, je dois avoir un fauteuil sur l’attelage qui comporte une sangle de sécurité détachable rapidement par le groom en cas de problème. Mes guides sont équipées de poignées pour bien les maintenir mais avec des pressions si jamais le cheval a envie de faire ses courses tout seul. Et nous avons, bien entendu, des gilets et des gants, on est sur un laboratoire d’équipements adaptés. Tout ce qu’on peut essayer, on l’essaye.

    « C’est exigeant et éprouvant mais ça vaut le coup. »

L’attelage me permet d’avoir l’estime de soi, devenir acteur, piloter. Au niveau des bénéfices musculaires, par cette pratique, on est soumis à énormément de mouvements dans tous les sens. Ca fait travailler les groupes musculaires qu’on utilise plus mais qui sont encore potentiellement exploitables. C’est exigeant et éprouvant mais ça vaut le coup.

Je ne peux que cautionner l’action IFCE pour le para-attelage, étant donné que j’y suis depuis le départ. On essaye de mettre les moyens pour arriver à des actions concrètes, présentables et performantes.

« Alors osez ! »

Mon message pour les personnes dans la même situation que moi et qui veulent pratiquer un sport équestre est simple. Il faut oser même si ce n’est pas évident ; comme dans beaucoup de disciplines sportives, il y a des contraintes. Rien que de montrer ce qu’est capable de faire une personne dans ma situation peut faire renaitre la confiance à d’autres personnes en difficulté et les motiver à pratiquer un sport. Pratiquer l’attelage en compétition ou en loisir m’apporte un énorme bonheur. Alors osez ! »

 

Propos récueillis par Yassmine El Frayji – Photo JP Jourdain