Author: Anne Sophie Azzos

L’expertise Ifce aux journées du complet

L’Institut français du cheval et de l’équitation (Ifce) a accueilli la dixième édition des journées du complet, organisée par France Complet les 10 et 11 novembre dernier. A cette occasion, deux agents Ifce sont intervenus durant ce rassemblement dans leur domaine de prédilection. Sophie Biau, ingénieure de recherche récemment récompensée, et Philippe Mull, entraîneur au Pôle France jeunes de concours complet, ont présenté « Mazarin », un outil de suivi et d’expertise pour l’entraînement développé sur le site de Saumur.

 

SAU-elena-heloiseMazarin, un outil unique au monde

Sous l’impulsion de Philippe Mull, écuyer du Cadre noir de Saumur et entraîneur des athlètes du Pôle France Jeunes FFE, l’Ifce a développé un outil d’aide à l’entraînement permettant de mesurer le fonctionnement du cavalier. Nommé « Mazarin », ce système a été mis au point par Sophie Biau et Eléna Pycik, ingénieures de recherche de l’Ifce en poste sur le plateau technique de Saumur (bénéficiant ainsi de l’expertise et de l’appui des écuyers du Cadre noir de Saumur). Elles ont travaillé en collaboration avec le CREPS de Poitiers – CAIPS (François Durand et Jean-François Debril), le GRAND INSEP et la société Cambox Horse.

Associé à ses partenaires, l’Ifce confirme son rôle de soutien au développement du sport de haut niveau par le développement de recherches et d’outils d’aide à la performance.

 

En action avec Maxime Livio

Cet outil unique au monde a été présenté à l’occasion des Journées du Complet et cross indoor 2018 à Saumur les 10 et 11 novembre dernier et Maxime Livio, médaillé de bronze par équipe au Championnat du Monde 2018, l’a utilisé pendant son parcours du cross indoor. Sur la vidéo, les cercles matérialisent la tension des rênes, les flèches représentent la force sur les étriers tandis que la cible en haut à droite permet de renseigner l’orientation du buste du cavalier. La vidéo a pu être analysée le lendemain par l’ensemble des participants.

 

 

 

A lire également : Sophie Biau, élue « homme de l’année », catégorie scientifique par le magazine l’Eperon

En savoir plus : le plateau technique de Saumur

Le Pôle France jeunes, révélateur de talents

Le difficile CCI 4* de Pau du 18 au 21 octobre 2018 n’a pas effrayé les jeunes cavaliers français. Parmi eux, Alexis Goury, 7e, Clara Loiseau, 3e et Thibaut Fournier, victorieux de son premier 4*, sont passés par le Pôle France jeunes FFE de concours complet à Saumur. Une preuve de plus de l’efficience de l’organisation de ce pôle avec l’expertise de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) pour permettre l’accès au plus haut niveau de ces jeunes plein d’avenir.

 

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Philippe Mull et Alexis Goury après le cross de Pau

Un tremplin pour l’avenir

Thibaut Fournier, Clara Loiseau et Alexis Goury ont tous les trois bénéficié du dispositif du Pôle France jeunes. Dans un cadre partenarial entre la Fédération Française d’Equitation (FFE) et l’IFCE, il permet aux cavaliers d’être accompagné grâce au double projet : sportif, permettant d’évoluer vers le haut niveau (préparation, suivi, entraînement) et professionnel en suivant une formation diplômante.

Sorti du dispositif en juillet 2018 après deux ans, Alexis Goury est en pépinière d’entreprise à Saumur. Ce projet lui permet de se préinstaller tout en continuant à bénéficier de l’encadrement de la FFE et de l’IFCE. A terme, si l’activité est jugée pérenne, Alexis pourra quitter Saumur pour s’installer à son compte.

D’autres cavaliers du Pôle se sont également illustré à Pau. Gireg Le Coz, au pôle de 2010 à 2012, remporte le CIC 2*. Héloïse Le Guern est quant à elle 4e avec sa jument Vue du Ciel.

 

L’expertise IFCE pour le Pôle

Agents, infrastructures et chevaux de l’IFCE sont mis à disposition dans un cadre partenarial pour ce Pôle, le tout en étroite relation avec Michel Asseray, directeur technique nationale adjoint en charge du concours complet. On retrouve ainsi l’expertise de l’écuyer Philippe Mull, entraîneur des cavaliers du pôle depuis 11 ans. Il participe aux actions de recherche menées sur le plateau technique en matière d’équitation et d’entraînement (un ouvrage réalisé par Patrick Galloux et Guy Bessat paraîtra prochainement sur ce sujet). La recherche profite aux jeunes cavaliers qui peuvent ainsi contribuer au développement de ces outils pour améliorer la performance et bénéficier de leur utilisation.

 

Mazarin : un outil de suivi et d’expertise pour l’entraînement en cross unique au monde

En partenariat avec le CREPS de Poitiers, un dispositif d’aide à l’entrainement a été conçu et développé à Saumur. Le cavalier part sur le cross équipé d’étriers et de rênes instrumentés, ainsi que deux capteurs au niveau de son buste et une caméra (Cambox Isis®) scratchée sur sa visière.  A l’issu de son parcours, l’entraineur peut débriefer avec son cavalier avec des informations telles que la gestion de l’équilibre du cavalier (penché, incliné à droite ou à gauche etc..) les tensions des rênes et les forces sur les étriers, dans les trois disciplines. Un logiciel entraîneur permet une visualisation synchrone des mesures avec la vidéo du parcours. Tout ceci permet à l’entraineur et aux chercheurs de fournir au cavalier un compte-rendu d’expertise personnalisé pour chaque séance de travail.

 

Avec les infrastructures du site, les cavaliers sont suivis, à pied comme à cheval, dans leur préparation et leur entraînement. Un travail sur leur profil moteur, leur préparation physique et mentale est effectué avec trois spécialistes dans leur domaine : Guy Bessat, Ralph Hyppolite et Philippe Leclair.

Xavier Goupil, vétérinaire de l’IFCE et des équipes de France de concours complet, suit également les chevaux tout au long de l’année. Il réalise notamment les relevés du cardio et des lactates sur les galops d’entraînement. Le plateau technique de la recherche basé à Saumur permet d’effectuer des relevés scientifiques de l’entrainement et des galops (lactates, cardio…)

 

Depuis 11 ans, 36 jeunes cavaliers sont passés par le Pôle France. Les résultats de ces jeunes talents confirment l’importance et l’efficacité de celui-ci.

 

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Un vétérinaire Ifce à l’écoute des voltigeurs du Pôle France

A l’occasion des Jeux Équestres Mondiaux de Tryon et des Championnats du Monde d’attelage solo de Kronenberg, nous avons interviewé les agents Ifce au service de la filière équine pour en connaitre davantage sur leur rôle. Isabelle Burgaud, vétérinaire pour le Pôle France de voltige, nous a accordé un peu de son temps précieux avant le décollage pour la Caroline du Nord..

 

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« Isabelle, quel est votre parcours ?
– A ma sortie de l’école en 2001, j’ai travaillé un peu en libéral, fais quelques remplacements et je suis arrivée ici en novembre. On était donc deux à la clinique : Xavier et moi. J’étais intéressée par l’ostéopathie et l’acupuncture donc je me suis spécialisée vers cette voie. Le Pôle France de voltige s’est installé à Saumur en 2012. Xavier étant déjà vétérinaire pour le concours complet, on m’a demandé de devenir vétérinaire de l’équipe de voltige.

 

– Quel est votre métier au sein de l’Ifce et votre rôle au Pôle ?
– J’accompagne l’équipe au quotidien pour le suivi des chevaux lors des stages fédéraux à Saumur. Beaucoup de chevaux ne sont pas logés sur le site. Pour eux, je suis en contact permanent avec le vétérinaire traitant pour les soins. J’accompagne chevaux et voltigeurs sur les concours, y compris à l’étranger. Avant que la compétition ne débute, mon rôle est d’examiner les chevaux à l’arrivée et de coacher le longeur pour que le cheval passe sans problème la visite vétérinaire (avec l’aide de Sébastien Langlois responsable du travail des chevaux) puis je suis à leurs « petits soins » pendant toute la durée du concours sachant que notre pharmacie est très réduite car nous ne pouvons utiliser que des substances autorisées en compétition ! C’est donc à moi de trouver des solutions « non -dopantes », de gérer la fatigue et les courbatures par des massages par exemple ou d’autres techniques de physiothérapie (ostéopathie, stretching…). Je dois aussi observer avec attention leur locomotion pour discuter ensuite avec le vétérinaire traitant d’éventuels soins qui auront lieu en dehors des périodes de concours. J’ai donc aussi un rôle de médiateur.

 

– Comment vivez-vous cette sélection ?
– Je ne suis pas vraiment surprise par les sélections individuelles. Les trois voltigeurs sont prêts. Lambert emmène deux chevaux (dont un réserviste). Vincent ne partira pas avec son cheval habituel mais emmènera un cheval sur lequel il a l’habitude de voltiger, donc pas d’inquiétude à avoir. Clément forme avec son cheval le couple habituel. Manon emmène Kirsch, son cheval de 20 ans, qui va vraiment très bien.

Nous sommes plutôt optimistes pour ces JEM. Depuis fin août, ils ont fait beaucoup de répétitions en condition quasi-réelles puisqu’ils étaient intégrés aux matinales du Cadre Noir, donc en manège avec un public qui applaudit et qui fait du bruit. C’est donc une super expérience et cela met les chevaux dans l’ambiance.

 

– Comment préparez-vous cette échéance ?

– Sur les stages terminaux pour les JEM, je prends en charge toute la partie vétérinaire, y compris sanitaire. Ça passe donc par la validation de tous les papiers auprès de la DDPP d’Angers pour que les chevaux puissent voyager. Je gère la malle vétérinaire qui est très réglementée puisque tout doit être déclaré. Je suis en dialogue permanent avec l’équipe pour répondre à toutes leurs demandes, questions et inquiétudes.

Nous partons lundi en camion pour l’aéroport de Liège, je serai avec eux dans le camion puis lundi nous décollerons pour la Caroline du nord (9h30 de vol). les chevaux seront en quarantaine mardi et mercredi. Ensuite, ils seront sur le terrain de concours en attendant la visite vétérinaire lundi 17 septembre. Ils auront donc quatre jours pour s’acclimater.

 

– Un mot d’encouragement pour vos athlètes ?

– Allez les Bleus, you are the bests !

 

Retrouvez également l’interview de Xavier Goupil, vétérinaire de l’équipe de France de concours complet, et les autres sur le site internet.

Un soigneur Ifce impliqué au centre de para-dressage

A l’occasion des Jeux Équestres Mondiaux de Tryon et des Championnats du Monde d’attelage solo de Kronenberg, nous avons interviewé les agents Ifce au service de la filière équine pour en connaitre davantage sur leur rôle. Au tour de Geoffray Podsiedlik, le soigneur Ifce chargé de Swing Royal*ENE-HN de se prêter au jeu des interviews. Ce groom au parcours atypique nous dévoile les ficelles de son métier et ses impressions quant à la sélection de José Letartre et Swing Royal*ENE-HN aux Jeux Equestres Mondiaux.

 

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« Geoffray, Quel est votre parcours ?
– J’ai commencé en tant qu’apprenti groom en CSO, cette expérience m’a beaucoup plu et m’a permis de savoir que je voulais devenir groom. Après cela, je suis entré aux Haras nationaux en 2003 où j’y suis resté jusqu’en 2010. C’était un travail totalement différent mais intéressant. Suite à la réforme des Haras nationaux, je suis resté trois ans et demi en Direction des Services Vétérinaires. Comme j’étais en détachement, j’ai demandé ma réintégration au sein de l’Ifce. Arrivé en 2013, j’ai fait une première saison en tant que soigneur au Pôle France de Voltige, puis j’ai été missionné au para-dressage. Depuis, j’ai participé à deux championnats d’Europe, et aux Jeux Paralympiques à Rio en 2016.

 

– Quel est votre métier au sein de l’Ifce et votre rôle au Pôle ?
– Mon rôle est de m’occuper des chevaux prêtés pour les cavaliers de para-dressage : Swing Royal*ENE-HN, Vol de Nuit*ENE-HN et Belle de Jour*ENE-HN. J’aide l’écuyer du Cadre Noir et entraineur Sébastien Goyheneix qui s’occupe plus du côté administratif et de l’entrainement tandis que je gère la partie « cheval », c’est-à-dire la réservation de camions, le transport des chevaux, les soins, etc.

Nous travaillons en collaboration avec l’entraineur, le cavalier, le groom, le maréchal-ferrant et le vétérinaire pour un parfait fonctionnement puisque nous nous connaissons tous. Nous nous faisons tous confiance et nous avançons tous dans le même sens.

 

– Comment vivez-vous cette sélection ?
– C’est un aboutissement. Tu travailles que pour ça ou du moins en bonne partie. Dans la discipline du para-dressage il y a toujours une échéance à la fin de l’année (championnat d’Europe, JEM, Jeux Paralympiques). Le fait que cette fois-ci ce soit les JEM, ça me paraît encore plus important parce que la concurrence n’est pas la même. C’est une échéance à l’échelle mondiale et il s’agit aussi d’un voyage qui est beaucoup plus long. C’est une étape phare dans une carrière et j’ai hâte d’y être.

 

– Comment préparez-vous cette échéance ?

– Pour préparer cette échéance, le staff fédéral nous fait un plan de la saison que les cavaliers doivent respecter si l’on veut être sélectionnable. Concernant l’entrainement à proprement parlé du cheval, c’est Sébastien Goyheneix qui s’en charge et qui prépare le plan de travail du cheval pour les compétitions internationales.

En tant que groom, je m’occupe des soins et de voir avec le vétérinaire et le maréchal l’état de santé et de forme du cheval pour qu’il soit un maximum au top.

Tout le monde sait ce qu’il doit faire pour pouvoir chercher la performance, c’est notre force : le collectif !

 

– Un mot d’encouragement pour vos athlètes ?

– « Osez José ! » ».

 

Retrouvez aussi les interviews de l’écuyer Sébastien Goyheneix et la groom Perrine Hernu.

Un vétérinaire présent auprès de l’équipe de France Séniors de CCE

A l’occasion des Jeux Équestres Mondiaux de Tryon et des Championnats du Monde d’attelage solo de Kronenberg, nous avons interviewé les agents Ifce au service de la filière équine pour en connaitre davantage sur leur rôle. Le Dr Xavier Goupil, vétérinaire à l’Ifce et de l’équipe de France séniors de concours complet nous a donné un peu de son temps pour nous parler de la préparation des chevaux.

 

xavier goupil« Quel est votre parcours ?
J’ai commencé par faire des études vétérinaires en France. Par la suite, je me suis spécialisé au Canada. Une fois mes études terminées, j’ai commencé à travailler pour de la clientèle privée mais peu de temps après cela, je suis rentré au sein de l’Ifce. Aujourd’hui, cela fait 28 ans que je travaille dans cet établissement.

 

– Quel est votre rôle au sein de l’Ifce et du Pôle ?
Je suis vétérinaire responsable de la clinique de l’Ifce depuis 25 ans. Ici, nous sommes à la fois spécialiste du cheval mais aussi à la fois généraliste quand même. C’est-à-dire que je suis responsable d’une équipe de vétérinaires, infirmiers et de maréchaux-ferrants, donc nous faisons du diagnostic, de la médecine, de la chirurgie, du suivi sportif, des cours, et un peu de reproduction. Il s’agit d’un travail très varié, ce qui fait en partie la richesse de ce métier.
Nous essayons d’orienter la clinique de l’Ifce vers de la prévention et le suivi.
Maintenant pour le Pôle, j’étais au départ plutôt axé sur les Juniors et Jeunes Cavaliers. Actuellement, je suis vétérinaire des équipes de France de concours complet Seniors, depuis maintenant 15 ans.
Pour choisir une équipe, il est sûr que le facteur santé est primordial. On ne peut pas mettre un cheval dans un avion si on n’est pas sûr qu’il est dans la plénitude de ses moyens. L’avis vétérinaire participe donc complétement à la sélection parce que l’élément santé est très important.

 

– Comment vivez-vous la sélection de Thibaut Vallette et Qing du Briot*ENE-HN ?
Je suis ravi pour lui, c’est une belle récompense. Qing est un cheval qui est parti pour avoir une carrière exceptionnelle puisque ça fait 4 ans de suite qu’il est sélectionné en équipe de France. Ce que j’aime beaucoup dans cette discipline, c’est voir des chevaux bien supporter les épreuves et bien vieillir. Qing est vraiment l’exemple d’un cheval qui encaisse très bien ce rythme-là, ce type d’activité et qui vieilli bien. Ça s’en ressent dans les performances, ça dure, et puis il confirme d’une année sur l’autre.
Bien faire vieillir un cheval, c’est tout un savoir-faire puisque c’est à la fois du domaine du cavalier, du soigneur, du staff, des vétérinaire et maréchaux.

 

– Comment préparez-vous cette échéance ?
La préparation est assez individualisée au cours de la saison avec des planifications qui évoluent. Depuis 15 jours, les chevaux sont au bord de la mer près de Granville pour leur stage de préparation. Je les fais voir toutes les 48 heures pour faire des contrôles.
Chevaux et cavaliers ont à la fois des préparations spécifiques comme des entrainements de dressage, de saut d’obstacles et une préparation un peu plus intensive sur les galops.
Mon rôle est de les surveiller, les accompagner et les contrôler sur le plan locomoteur avec, par exemple, éventuellement des prises de sang.
C’est un suivi quotidien puisqu’on est très exigeant en concours complet car les chevaux sont très sollicités.

 

– Un mot d’encouragement pour le couple Thibaut et Qing ?
J’espère le meilleur parce que je trouve que c’est quelqu’un qui respecte énormément son cheval et puis je le félicite pour ça ! Je lui souhaite que ça dure le plus longtemps possible. »

 

Retrouvez d’autres interviews dont celle de l’entraineur de para-dressage et attelage : Sébastien Goyheneix.

Un écuyer du Cadre Noir au service de l’attelage et du para-dressage

A l’occasion des Jeux Équestres Mondiaux de Tryon et des Championnats du Monde d’attelage solo de Kronenberg, nous avons interviewé les agents Ifce au service de la filière équine pour en connaitre davantage sur leur rôle. L’écuyer du Cadre noir de Saumur, Sébastien Goyheneix, à la fois entraineur au service du para-dressage et de l’attelage, se confie sur ses sentiments faces aux sélections de Renaud Vinck et José Letartre qu’il entraîne dans les deux disciplines.

 

José Letartre et Sébastien Goyheinex web©Grand Insep« Quel est votre parcours ?
– Au départ, j’ai commencé par le concours complet car j’ai eu un attrait assez fort pour la compétition et ensuite pour le haut niveau. J’étais, notamment à une époque, membre de l’équipe de France et faisais partie des cavaliers de haut niveau dans les premières années où je suis rentrée à l’école nationale d’équitation de Saumur. Cette discipline m’a servi de fil conducteur car elle permet une ouverture d’esprit et une qualité essentielle selon moi : la « polyvalence ». L’intérêt que je porte à toutes les disciplines équestres vient surement de là ! Ce parcours n’a pas été prémédité mais il reste cohérent. Une fois entré à l’Ifce, j’ai pu exploiter ma fibre pédagogique et mon besoin de transmettre, que ce soit à travers la formation professionnelle que le coaching sportif. C’est pourquoi je me suis expérimenté en tant qu’entraineur dans la discipline de l’attelage et du para-dressage.  J’ai commencé en 2013 avec l’attelage à la demande du meneur Renaud Vinck qui voulait intégrer un travail monté à l’entrainement et à la préparation de son cheval Don Camillo*ENE-HN. Le but est de développer une approche assez innovante de la discipline qu’il a lui-même appelé « équitation attelé ». Un an plus tard, il participe au championnat du monde d’Izsak en Hongrie, où je l’ai accompagné. Deux ans après, il est de nouveau sélectionné pour un championnat du monde et aujourd’hui, il part pour son 3ème championnat du monde avec Don Camillo.

Pour le para-dressage, c’est plus récent puisque j’ai commencé pendant l’hiver 2015. J’ai succédé à un collègue, l’écuyer Philippe Limousin, pour entrainer José Letartre. En 2016, José est allé aux Jeux Paralympiques de Rio de Janeiro avec un contexte spécial puisqu’il changeait de cheval et d’entraineur. Ça ne l’a pas empêché de finir 6ème. Ensuite, je l’ai accompagné au Championnat d’Europe de Göteborg où ils ont fini 4ème. Cette année, le couple déroule une très bonne saison, et devrait, je l’espère, être sélectionné pour les JEM de Tryon. »

 

– Quel est votre rôle au sein du centre d’expertise de para-dressage ?
– Je suis référent et responsable des entrainements du cavalier José Letartre avec mon cheval de manège, Swing Royal*ENE-HN, au même titre que Nadège Bourdon qui entrainait Céline Gerny avec Vol de Nuit*ENE-HN. De plus, lors des rassemblements de l’équipe de France de para-dressage sur le site de Saumur, j’anime des stages fédéraux en les accueillant et en les accompagnant lors de leurs préparations, notamment pour le championnat d’Europe de Göteborg l’an dernier.

 

– Comment vivez-vous cette sélection ?
– Je suis très heureux que Renaud soit sélectionné parce que c’est un aboutissement, en particulier avec ce cheval-là qui a la particularité de courir son 3ème championnat du monde. C’est assez exceptionnel dans cette discipline. On peut imaginer que ce sera le dernier pour lui… C’est pour cela que je parle d’aboutissement. Il va falloir qu’on montre le meilleur de ce qu’on est capable de faire. Renaud a déjà été médaillé en équipe avec ce cheval. Renouveler cette performance serait déjà au beau dénouement, mais accéder à une performance individuelle en plus serait le meilleur scénario. Je pense sincèrement que ces performances sont possibles au vu de leurs résultats de cette année. Je pars avec beaucoup d’espoir car ils n’ont jamais été aussi prêts qu’aujourd’hui. Hâte d’y être !

Concernant la sélection de José, il le mérite car il a toujours été en progression depuis la création de ce nouveau couple. De plus, il a toujours été à son meilleur niveau sur les championnats, ça mérite d’être souligné ! On pourrait imaginer que ce soit pareil cette année car il a eu une saison excellente avec de très bons résultats, il a toujours été sur le podium. Nous partons dans un contexte différent des années passés puisque nous avions tout à gagner. Or cette année, je pense que José sera attendu au tournant et nous y allons clairement pour obtenir une médaille.

 

– Comment préparez-vous cette échéance ?
« Avec Don Camillo, il n’y a pas de préparation spécifique. L’entrainement se fait comme d’habitude et je me place vraiment qu’en tant qu’accompagnateur. J’ai la chance d’entrainer deux cavaliers dans deux disciplines différentes qui ont beaucoup d’expériences, qui connaissent bien le haut niveau et ce genre de compétitions.

En para-dressage, je dirais que la gestion du cheval est la plus importante que la préparation en elle-même. Le cheval est prêt et n’a pas fait une grosse saison, il a fait quatre concours internationaux mais il a fait de longs voyages. J’essaie vraiment de gérer l’état de santé du cheval notamment par rapport à la fatigue en le laissant frais et disponible pour ces Jeux Équestres Mondiaux. Nous avons levé un peu le pied et nous l’avons gardé dans l’entrainement mais en le sollicitant moins, tout en mettant en place un programme qui va lui permettre de remonter en puissance pour cette échéance.

Quant aux cavaliers, je fais en quelque sorte de la « psychologie », c’est-à-dire que je leur permets de trouver plus facilement les clés/outils/ressources dont ils ont besoin pour être à leur plus haut niveau et qu’ils développent le plus possible leur autonomie.

 

– Un mot d’encouragement pour vos athlètes ?

– Ce que j’ai vraiment envie de leur dire, c’est que je leur fais entièrement confiance, que je les sens capable du meilleur et que je serais avec eux quelle que soit l’issue de la compétition ».

 

Retrouvez également l’interview de Perrine Hernu : groom du meneur Renaud Vinck

Rencontre du soigneur d’un crack du complet

A l’occasion des Jeux Équestres Mondiaux de Tryon et des Championnats du Monde d’attelage solo de Kronenberg, nous avons interviewé les agents Ifce au service de la filière équine et plu pour en connaitre davantage sur leur rôle. Yann Devanne, soigneur attitré de Qing du Briot*ENE-HN, est très impliqué dans son rôle à l’Ifce. Il s’est livré à nous pour l’occasion pour vous dévoiler son parcours et son métier auprès d’un roi du complet.

 

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 » Quel est votre parcours ?
– J’ai commencé par travailler dans le monde des courses de trot. J’ai notamment travaillé dans l’écurie d’Henri Cogné depuis 9 ans en tant que lad-driver, puis je suis parti travailler un an dans l’écurie Bigeon. Ensuite, un changement s’imposait, c’est pourquoi j’ai postulé pour rentrer à l’Ifce. Cela fait maintenant neuf ans que je suis soigneur au sein de cette établissement et que je suis en charge de Qing du Briot*ENE-HN, le cheval de concours complet de Thibaut Vallette.

 

– Quel est votre métier au sein de l’Ifce / votre rôle au Pôle ?
– Comme dit précédemment, je suis le soigneur attitré de Qing du Briot. Je dois donc gérer ses soins divers et variés, son transport lors de compétition, et m’occuper du cheval pour qu’il soit le mieux possible dans sa tête et son corps. Avec Qing, j’ai, entre autre, été : aux Championnats d’Europe de concours complet de Blair Castle en 2015 où il a terminé sur la 3ème marche du podium en individuel et par équipe ; aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016 où il a surement fait l’une de ses plus belles performances avec Thibaut Vallette puisqu’ils ont finis 1er par équipe !

Je les ai aussi accompagnés sur les championnats d’Europe de Strzegom (POL) et à de gros concours internationaux tel que Bramham (GRB) où j’ai pu y aller deux fois, et à Badminton (GBR) où se court le fameux CCI4*.

 

– Comment vivez-vous cette sélection ?

– Je le vis assez sereinement puisque le cheval va bien, il est prêt et son cavalier aussi. Je pense que, du fait de l’expérience de Thibaut et de la mienne, nous savons à quoi nous attendre ou presque.

 

– Comment préparez-vous cette échéance ?
-Avec le staff fédéral, les autres membres de l’équipe de France et un réserviste, nous suivons un stage préparatoire qui a lieu à Saint Martin de Bréhal près de Granville.
Le but est de préparer au mieux les chevaux aux efforts physiques qu’ils auront à faire lors de ces Jeux Equestres Mondiaux à Tryon. Le programme consiste à faire trois galops sur la plage pour tous les couples et faire le check-up avec le médecin et kiné pour les cavaliers. Pour les chevaux, ils s’entrainent sous l’œil attentif du staff, de l’entraineur et du vétérinaire de l’équipe de France. En plus des galops, les couples ont des séances de dressage encadrés par Serge Cornut, Entraineur National Adjoint au Dressage, et des séances à l’obstacle coachés par l’entraineur National Adjoint au CSO : Thierry Pomel. Rien n’est laissé au hasard pour finaliser la préparation des athlètes qui s’envoleront pour les Etats-Unis la semaine prochaine !

 

– Un mot d’encouragement pour vos athlètes ?
-Allez les bleus ! »

 

Retrouvez toutes les autres interviews sur notre site.

Une groom internationale aux petits soins des chevaux d’attelage Ifce

A l’occasion des Jeux Équestres Mondiaux de Tryon et des Championnats du Monde d’attelage solo de Kronenberg, nous avons interviewé les agents Ifce au service de la filière équine pour en connaitre davantage sur leur rôle. Formée à l’Ifce au Pin, Perrine Hernu est la groom du meneur Renaud Vinck. Cette groom internationale nous raconte son parcours et ses impressions face à la sélection de son meneur.

 

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– Je suis un « produit maison ». J’ai suivi l’année dernière la première session de la formation Groom International de l’ESCE dispensée sur le site du Haras du Pin. C’est à cette occasion que j’ai rencontré Renaud qui faisait partie des intervenants sur la formation.

A la suite de mon année, il m’a proposé de m’embaucher en tant que cavalière/groom pour ses chevaux. Nous partageons une même vision du travail, c’est pourquoi j’ai accepté de faire équipe avec lui en vue de préparer cette échéance mondiale.

 

– Quel est votre rôle au sein du couple Don Camillo/Renaud, votre métier ?
– Lorsqu’on me demande de décrire mon métier, je dis toujours que je suis la « nounou » des chevaux. Mon rôle est dans l’intitulé: prendre soin des chevaux. Dans la réalité, c’est un métier très prenant qui implique d’être à l’écoute du cheval en permanence et de s’en occuper, parfois presque mieux que soi-même… Concernant Don Camillo, je suis en charge de l’entraînement quotidien (travail sur le plat, trotting, longe…) en lien avec les séances attelées de Renaud et le travail de Sébastien Goyheneix, l’écuyer du Cadre Noir qui suit le couple depuis 2014. Je m’occupe également du suivi médical (vétérinaire, maréchal, dentiste, ostéopathe…) et des soins divers (paddock, tonte, suivi quotidien…).

J’accompagne également Renaud lors de ses séances de travail, pour le guider sur les exercices à mettre en place en fonction de l’état physique et mental du cheval au jour le jour.

 

– Comment vivez-vous cette sélection pour les championnats du monde d’attelage solo ?
– Être sélectionné sur ce type d’évènement est toujours une belle surprise. Renaud est présent à haut niveau depuis longtemps. Je pense qu’il a toute sa place dans ces championnats et, je l’espère, dans l’équipe de France. Personnellement je suis très impatiente ! Je suis issue du milieu du CSO où j’ai pu courir de belles épreuves internationales, mais jamais à un niveau mondial. C’est une grande première pour moi et je suis heureuse de la partager avec toute notre équipe.

 

– Comment préparez-vous cette échéance ?
– J’essaie de ne rien faire différemment de d’habitude. Un bilan de santé complet a été fait sur Don Camillo en début d’année et tous les feux sont au vert. Je reste vigilante à chaque détail, le cheval est travaillé dans les mêmes conditions que pendant la saison et suit son programme d’activités habituel.

 

– Un mot d’encouragement pour Renaud et l’équipe de France ?
– Je leur souhaite à tous une très belle réussite, en individuel ou par équipe. Des choses très prometteuses ont été montrées tout au long de la saison, ces championnats sont l’occasion de les concrétiser et de les affirmer. Je suivrai cela de très près ! »

 

Retrouvez les interviews de Sébastien Goyheneix et de Geoffray Podsiedlik.

Le député européen Jean Arthuis à Saumur

L’Institut français du cheval et de l’équitation (Ifce) a reçu la visite, sur son site de Saumur, de Monsieur Jean Arthuis, député européen et président de la commission des budgets du Parlement européen. Missionné par le Premier ministre pour mener une réflexion sur la filière cheval, il a ainsi pu visiter les infrastructures et découvrir les missions de l’établissement.

(c) A. Laurioux

(c) A. Laurioux

Riche de son histoire, de son expertise et de ses compétences, Jean Arthuis a pu constater l’étendu du champ d’action de l’Ifce à travers ses missions, au service de toute la filière équine, représentées sur son site saumurois.

Le député a ainsi débuté sa visite par le Grand Manège, accueilli par Didier Garnier, Directeur général par interim, et le Colonel Patrick Teisserenc, écuyer en chef. L’Ifce, son site, le Cadre Noir et l’Equitation de Tradition française lui ont été explicités dans un premier temps, avant une présentation du Cadre Noir avec quatre sauteurs et les sauts d’école emblématiques. Lui ont également été présentés la sellerie d’honneur, le nattage des chevaux et l’espace muséal et tourisme. Jean Arthuis a ensuite rencontré l’équipe de la clinique vétérinaire et de la maréchalerie.

Patrick Galloux, responsable du plateau de recherche et développement de Saumur, a reçu le député pour y exposer les activités du Pôle développement innovation et recherche. Le parcours s’est poursuivi à la carrière d’honneur où les missions de formation et d’accompagnement du sport de haut niveau ont été mises en avant. Jean Arthuis a pu rencontrer Alexis Goury, cavalier du Pôle France Jeunes de concours complet, accompagné de Philippe Mull, mis à disposition par l’Ifce à la Fédération Française d’Equitation dans un cadre partenarial. Les missions du Pôle formation professionnelle et sportive ont été présentées par Maud Dupuy D’Uby, adjointe du directeur Jean-Michel Pinel, et la présence d’élèves en cours avec leur enseignant sur cette même carrière.

Cette visite des lieux fut suivie d’un entretien avec le comité directeur de l’établissement, avant le déjeuner où Monsieur Arthuis s’est vu remettre un ouvrage du Cadre Noir.

L’après-midi était consacré aux échanges en présence de socioprofessionnels de la filière équine de la région, représentants cette dernière : les éleveurs, les acteurs des courses hippiques ou encore les différentes associations et comités équestres.

Cette mission se poursuit dans d’autres établissements. A l’issue de cette réflexion, le rapport rendu par Monsieur Arthuis devrait permettre d’appréhender la filière dans toutes ses composantes.