Développement et recherche en élevage, reproduction et détention

 

L’élevage représente une part très importante du coût de production de jeunes chevaux. Ainsi, la majorité des travaux de cette thématique vise à adapter au mieux les pratiques d’élevage pour optimiser fertilité, croissance et performance future, tout en minimisant les coûts au maximum.
Les nouvelles technologies s’invitent également depuis peu en élevage et pourraient devenir une aide précieuse pour les éleveurs.

L’équipe de recherche en « élevage, reproduction et détention » est constituée de deux ingénieurs de recherche, deux enseignants-chercheurs et trois ingénieurs de développement. Ils travaillent en étroite collaboration avec les chercheurs de l’Inra, en particulier à Clermont-Ferrand/Theix et Nouzilly et les représentants socioprofessionnels.

Géraldine Fleurance, ingénieur de recherches, exerce son activité à l’INRA Centre de recherches Auvergne – Rhône-Alpes, au sein de l’UMR1213 Herbivores. Ses travaux portent sur le prélèvement du cheval au pâturage dans un objectif de limiter le recours aux intrants dans l’alimentation. En particulier, Géraldine établit des références sur la couverture des besoins nutritionnels des chevaux à l’herbe et évalue les performances de différents modes de conduite des animaux.

Géraldine Fleurance

Géraldine Fleurance

Daniel Guillaume, ingénieur de recherche et titulaire d’une HDR*, exerce son activité à l’Inra Centre Val de Loire (Nouzilly) au sein de l’UMR physiologie de la reproduction et des comportements. La reproduction des équidés est particulièrement influencée par les facteurs du milieu qui sont principalement la photopériode (ou variation annuelle de la durée du jour), la nutrition, les interactions sociales et maintenant certains polluants perturbant les actions hormonales. Daniel étudie en particulier les actions et interactions de ces facteurs du milieu, et particulièrement maintenant les mécanismes olfactifs des interactions entre sexes, ceci afin de mieux gérer les reproducteurs.

* Habilitation à diriger les recherches

Daniel Guillaume

Daniel Guillaume


Maud Caillaud est enseignant/chercheur à l’Ifce à l’Ecole supérieure du cheval et de l’équitation sur le site de la Jumenterie du Pin. Sa thématique de recherche porte sur la congélation de l’embryon équin. L’objectif final de ses recherches est de pouvoir créer une cryobanque d’embryons de races menacées et de simplifier la gestion du transfert d’embryon sur le terrain pour les centres réalisant cette technique de reproduction.

Maud Caillaud

Maud Caillaud

Enseignant-chercheur à l’Ecole supérieure du cheval et de l’équitation, sur le site de la jumenterie du Pin, Isabelle Barrier intervient en formation sur la reproduction et la santé des chevaux. Son activité de recherche/développement porte essentiellement sur la semence de l’étalon : améliorer les techniques d’évaluation de la qualité des spermatozoïdes, et améliorer la conservation de la semence.

Isabelle Barrier

Isabelle Barrier

 

Pauline Doligez est ingénieur de développement basée à la jumenterie du Pin. Elle travaille aujourd’hui comme chargée de développement dans le domaine de la nutrition équine, du pâturage et des systèmes de détention du cheval. La gestion des effluents est aussi une thématique qu’elle étudie, autant au niveau réglementaire que pour la recherche de modes de valorisation (compostage, méthanisation, …).

REC_PaulineDoligez

Pauline Doligez

Laurent Vignaud est ingénieur de développement reproduction équine et techniques d’élevage. Son objectif est de développer un réseau professionnel de centres de reproduction accompagné d’une démarche de labellisation venant encourager les efforts de progrès réalisés par ces centres. Ce réseau d’échanges et d’informations contribuera au développement d’une recherche de terrain et à l’adaptation des techniques de reproduction en rapport avec les objectifs économiques des éleveurs. La finalisation d’un cahier des charges de labellisation des centres est actuellement en cours.

Laurent Vignaud

Laurent Vignaud

Vétérinaire chargée de l’expertise sanitaire, Bénédicte Ferry est très souvent sollicitée par l’Administration et les acteurs de la filière équine pour son approche transversale des problématiques sanitaires liées à la monte et à l’élevage, mais aussi à l’utilisation des chevaux. Elle intervient aussi dans la mission d’appui à l’exportation de l‘Ifce en interface entre les opérateurs et la Direction générale de l’alimentation (service du Ministère de l’agriculture) pour faciliter les démarches d’exportation de chevaux et de semence équine. Elle est également très impliquée dans le Réseau d’Epidémio-Surveillance en Pathologie Equine (RESPE).

Bénédicte Ferry

Bénédicte Ferry

Les ingénieurs de recherche et enseignants-chercheurs sont tous titulaires d’un doctorat. Ils ont pour mission de proposer et de réaliser des projets de recherche dans le but de répondre aux besoins exprimés par la filière dans leur thématique.

Les ingénieurs de développement ont pour mission de :

  • recueillir les besoins exprimés par la filière équine pour les traduire en questions de recherche,
  • vulgariser et diffuser les résultats obtenus vers tous les acteurs de la filière équine et vers le grand public,
  • participer au développement des innovations en vue de leur appropriation par les utilisateurs.


Le projet Equibov (coordination G. Fleurance, IFCE & B. Dumont, INRA ; 2015-2019) évalue, à partir d’un ensemble de critères techniques, économiques, sociaux et environnementaux, les atouts et les limites sous tendus par l’association entre chevaux de selle et bovins allaitants comparativement aux systèmes spécialisés de chevaux de selle. En effet, en dépit d’une demande de chevaux « à monter » liée à l’engouement pour les sports et loisirs équestres, les élevages équins spécialisés présentent des revenus faibles et se caractérisent par des coûts de production élevés du fait des intrants mobilisés. Nous faisons l’hypothèse que la mixité avec les bovins permet  une utilisation plus complète des surfaces fourragères favorisant l’autonomie alimentaire des exploitations, un moindre recours aux anthelminthiques chimiques du fait de la dilution du parasitisme entre chevaux et bovins, et une stabilisation des revenus liée à la diversité des productions et de leurs soutiens publics. En revanche, la charge de travail générée par la conduite des deux espèces comparativement à une seule doit être quantifiée ainsi que les possibles pertes de biodiversité liée à une utilisation plus complète des couverts. Le projet Equibov combine :

  • des enquêtes en exploitations visant à décrire finement le fonctionnement d’exploitations herbagères mixtes équins-bovins et spécialisées équines dans une large gamme de situations françaises. L’accent est mis sur les pratiques (gestion des troupeaux et des surfaces, stratégies d’alimentation et gestion de la santé des animaux) en lien avec l’organisation du travail. A l’issue des enquêtes, un ensemble de critères et d’indicateurs cohérents permettant de juger de la durabilité des différents systèmes sera proposé. Les cinq axes envisagés sont la gestion intégrée de la santé, la diminution des intrants, le bilan travail, la performance économique des exploitations et les services écosystémiques. Avec un tel outil, nous explorerons quels chargements et quels ratios chevaux-bovins permettraient d’optimiser les performances des exploitations selon les contextes territoriaux.
  • un travail expérimental sur la station expérimentale de l’IFCE (Chamberet, Corrèze) qui compare à l’échelle de la parcelle un pâturage mixte chevaux-bovins et un pâturage équin. Ce dispositif permet de mesurer, dans des conditions contrôlées, différentes variables qui ne sont pas accessibles dans les exploitations enquêtées : complémentarité de prélèvement des chevaux et des bovins, structure et valeur alimentaire du couvert végétal, niveau d’infestation parasitaire des animaux, performances zootechniques, interactions sociales entre chevaux et bovins, diversité floristique et en insectes pollinisateurs.

Ce programme est financé par l’IFCE, le département PHASE de l’INRA, le programme Pour et Sur le Développement Régional Auvergne et le métaprogramme INRA Gestion Intégrée de la Santé des Animaux.

Léa Lansade analyse, dans le cadre de ces travaux, les interactions sociales entre chevaux et bovins conduits ensemble au pâturage.

Poulains et génisses dans un pré (c) G. Fleurance-Ifce

Poulains et génisses dans un pré (c) G. Fleurance-Ifce

L’utilisation très importante de l’insémination artificielle (IA) dans l’espèce équine a contribué à négliger l’impact de relations sociales sur la fonction de reproduction. Avec son équipe de recherche, Daniel Guillaume essaie de comprendre comment l’étalon reconnait que la jument est en chaleur. Est-ce que cette reconnaissance passe, au moins partiellement, par un message olfactif ? Si oui, quelles sont les molécules impliquées ? Ces molécules pourraient-elles stimuler la libido de l’étalon à contre saison ou pourraient elle permettre une détection pratique de l’œstrus et du moment idéal pour l’IA ? Inversement l’étalon peut-il stimuler la reproduction de la jument comme chez les petits ruminants ?

Flehmen

Le flehmen est un comportement qui tendrait à renvoyer des molécules odorantes vers l’organe vomeronasal, spécialisé dans la détection des phéromones ©C. Larcher/Ifce

La congélation d’embryons équin présente plusieurs intérêts pour la filière notamment en terme :

  • de conservation de races menacées en cryobanque
  • de gestion du transfert d’embryon pour les centres de reproduction utilisant cette technique.

Dans le cadre du projet CRB-Anim financé par l’Agence Nationale pour la Recherche, Maud Caillaud travaille actuellement sur la vitrification de l’embryon équin après aspiration d’une partie du blastocoele. Cette technique ayant récemment donné des résultats positifs, il s’agit à présent de la rendre plus répétable sur le terrain.

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Embryon avant aspiration

Ce projet est financé par :
Logo ANR

L’analyse classique de qualité de la semence d’étalon concerne essentiellement la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes, évaluées après observation au microscope. Ces techniques permettent de prédire la fertilité des étalons avec 20 à 25% d’erreur (c’est à dire que des étalons sont infertiles malgré une qualité de semence jugée « bonne », ou inversement). Isabelle Barrier travaille actuellement avec la cytométrie, qui fournit des informations complémentaires, en explorant individuellement les différentes fonctions du spermatozoïde. Il reste à définir, pour l’étalon, des valeurs seuils pour chaque test. C’est notre premier objectif, qui nécessite de tester un grand nombre d’étalons de fertilité connue. On pourra ensuite prédire plus précisément la fertilité à partir d’un panel de tests effectués sur la semence.

Cytomètre en flux

Cytomètre en flux

Le contrôle de l’identité automatisée par télédétection à distance et la gestion informatique en temps réel sur une base centralisée en connexion avec le SIRE est en projet pour la filière équine. Ce projet a pour objectif d’améliorer les performances techniques et économiques pour :REC_logoequi_détect2

  • renforcer les contrôles sur tous les lieux de rassemblement (hippodromes, lieux de compétitions équestres);
  • améliorer l’accès aux informations concernant les mouvements d’équidés et leur santé, pour faciliter les soins ainsi que la maîtrise des maladies infectieuses, grâce à une gestion simplifiée du registre d’élevage obligatoire pour tout site hébergeant des équidés;
  • connaître les flux d’animaux notamment les chevaux sortant de la base SIRE : équidés abattus ou équarris.

Ce projet co-financé par le Fonds EPERON et labellisé par le pôle de compétitivité Hippolia est mené par un consortium regroupant France Galop, la SECF, la FFE, l’Ifce et deux entreprises privées travaillant dans le domaine de la traçabilité automatique et de l’identification animale.

REC_logo fonds eperon  REC_Label_Pole_Hippolia

Le programme Equi-pâture (2015-2017) vise à accélérer le transfert et la vulgarisation des données de la recherche scientifique en diffusant des références techniques et des outils de pilotage, et en développant sur le terrain le conseil adapté aux équins. Une meilleure valorisation des prairies et des pratiques de vermifugation plus raisonnées apparaissent comme des leviers pour optimiser les coûts de production et l’impact environnemental.

A partir des références scientifiques disponibles et en s’appuyant sur une dizaine de structures volontaires, il s’agit de diffuser des références existantes sous forme vulgarisée, de les illustrer sur des cas concrets, mais aussi de concevoir de nouveaux outils pour :

  • Favoriser la conduite de l’alimentation à partir de fourrages et de pâturage ;
  • Optimiser les pratiques de vermifugation par l’utilisation de coproscopies ;
  • Disposer de repères et d’outils de simulation économiques sur les pratiques préconisées ;
  • Évaluer l’impact en terme de bien-être, selon les 12 critères du Welfare Quality.

Une liste exhaustive d’actions concrètes sont menées sur ces 4 thématiques d’intérêt en développant des outils de diffusion (fiches, livrets, etc) et des applications et outils de simulation en ligne.
12 structures pilotes dans 3 régions (Normandie, Limousin, Centre) seront suivies par des conseillers de Chambre d’Agriculture et experts de l’Ifce.

Le programme est financé par un crédit d’intervention pour le développement du MAAF.

3 Journées portes ouvertes sont organisées en mai 2017 dans 3 structures pilotes.

Télécharger le programme des Portes ouvertes de mai 2017

Télécharger le guide pratique du cheval à l'herbe.

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A l’occasion de la thèse de Claire Collas que Géraldine Fleurance a encadrée, il a été montré que supprimer l’apport de concentrés chez la jument de selle en lactation au pâturage n’affectait pas la couverture de ses besoins nutritionnels lorsque la quantité et la qualité de l’herbe ne sont pas limitantes. La croissance et la conformation des poulains sont conformes aux recommandations.
La thèse de Claire Collas a également initié des travaux sur l’intérêt potentiel d’une cure de sainfoin (Onobrychis viciifolia), légumineuse riche en tanins condensés dont les propriétés anthelminthiques ont été observées chez les petits ruminants. Elle a montré par des tests que le sainfoin affectait le développement des œufs de strongles en larves infestantes. D’autres essais sont nécessaires pour confirmer les effets pressentis in vivo et préciser les conditions d’utilisation du sainfoin qui pourraient contribuer à réduire l’infestation des pâtures.

Poulain et Jument

Sur une prairie fertile, la complémentation de la jument allaitante n’est pas indispensable. (c) SEHN-Ifce

La reproduction des équidés est saisonnée, avec un arrêt hivernal de la reproduction particulièrement marqué chez la jument. Ce rythme annuel de reproduction est synchrone avec celui de la photopériode, avec une phase d’arrêt centrée précisément en février et une phase de reproduction centrée en juin. De précédents travaux de Daniel Guillaume ont démontré que ce rythme dépend de la photopériode, par l’intermédiaire de la mélatonine. Par contre la durée de chaque phase (activité ou inactivité) dépend de la nutrition et ou de l’état corporel, par l’intermédiaire de la leptine. L’état corporel influence également l’activité ovarienne et donc la durée du cycle.
Les protocoles de recherche en élevage et reproduction peuvent difficilement avoir lieu dans des élevages privés, au moins dans un premier temps. En effet, pour bien comprendre les phénomènes en jeu il est indispensable de travailler dans un environnement contrôlé où tout ce qui concerne chaque animal de sa naissance à sa mort est consciencieusement enregistré. Ainsi, trois troupeaux sont disponibles en France :

Située au cœur du Limousin sur 130 ha, la station expérimentale de Chamberet, centre d’expérimentation animale agréé, constitue un outil unique en Europe.

  • 130 ha de surface agricole,
  • 170 chevaux dont 60 juments reproductrices et toute leur production de 0 à 3 ans
  • 10 personnes qualifiées permanentes
  • Une infrastructure adaptée de 11 bâtiments sous vidéosurveillance
  • Une dizaine de protocoles de recherche scientifique par an
  • 300 stagiaires depuis sa création (10/an) dont 6 thèses qui ont donné 2 chercheurs spécialistes du cheval
  • + de 100 références bibliographiques parues dans les revues scientifiques internationalement reconnues

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Unité expérimentale de physiologie animale de l'Orfrasière

Unité expérimentale de physiologie animale de l’Orfrasière (c) INRA Alain Beguey

L’Unité Expérimentale Inra de Physiologie Animale de l’Orfrasière a été  créée pour la mise en œuvre des protocoles expérimentaux sur différentes espèces dont les équidés. Cette unité, qui dispose de 18 500 m2 de bâtiments d’élevage et de structures expérimentales, installés sur un domaine de 400 ha de SAU, entretient notamment un troupeau d’environ 130 poneys Welsh : 100 juments, 6 étalons et 20 à 30 poulains.

Ponettes de l'unité expérimentale de Nouzilly

Ponettes de l’unité expérimentale de Nouzilly (c) Inra

La jumenterie du Pin dispose d’un troupeau d’une centaine de juments et d’une dizaine d’étalons, principalement dédiés à la formation au sein de l’école supérieure du cheval et de l’équitation. Selon leur disponibilité, ces animaux peuvent être utilisés pour des protocoles expérimentaux, principalement des protocoles de reproduction.

REC_jumenterie

La jumenterie du Pin

Retrouvez les principaux résultats de ces projets de développement et de recherche, dans lesquels l’Ifce est partie prenante, sous formes de fiches pratiques et de posters « message clés » sur équi-paedia.

équi-paedia    Posters messages clés

 

 

Pour en savoir plus sur cette thématique consultez :
– les fiches équipaedia
– le portail documentaire Médiathèque Ifce
– les articles équ’idée

Découvrez également à la librairie :
– l’ouvrage « Cheval, techniques d’élevage »
– le guide pratique « alimentation des chevaux » et l’ouvrage associé
et de nombreux autres produits

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