Le cheval, invité de la plateforme européenne sur le bien-être animal

Le 10 novembre dernier se tenait à Bruxelles la seconde réunion de la plateforme européenne sur le bien-être animal (EU Plafform on Animal Welfare, crée en début d’année 2017). Il est fréquent que la Commission, sur des thématiques particulières au sujet desquelles les attentes des sociétés s’expriment avec force, institue des plateformes de travail qui, pendant une ou deux années, dressent l’état d’une question, font le tour des propositions des Etats-membres et définissent une stratégie européenne. Récemment, deux plateformes ont été formées : l’une sur le patrimoine et l’autre sur le bien-être animal.

INT-cheval-plateforme-europeenne-bien-etreSuite à un appel d’offre, la plateforme sur le bien-être animal a été formée de représentants des associations européennes ou internationales de bien-être animal, de représentants des branches et organismes professionnels européens et de représentants de tous les Etats-membres. Le bureau de la protection animale de la DGAL (Ministère de l’agriculture) assure la présence de la France. La Commission organise environ deux journées de travail par an, auxquelles elle convie, selon les sujets abordés, des experts extérieurs, en plus des membres permanents de la plateforme. Elle doit clore ses travaux en 2019, année de son renouvellement.

En présence du commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis Povilas Andriukaitis, la réunion du 10 novembre comprenait une première partie sur la méthode de travail. Deux sous-groupes officiels vont voir le jour, le premier sur le transport (toutes espèces) et le second sur les porcs. Ces sous-groupes bénéficient, comme la plateforme elle-même, de la logistique de la Commission. La session de l’après-midi portait sur le thème des « équidés abandonnés » (unwanted horses), thématique particulièrement prégnante au Royaume Uni, engagé de façon très active, avec le Danemark, la Suède et l’Allemagne sur le bien-être animal. En complément de World Horse Welfare et de l’Irlande qui ont tous deux dressé un état des lieux des équidés abandonnés et recensé les actions misent en œuvre pour y faire face; la Commission a demandé à l’Institut français du cheval et de l’équitation, en partenariat avec le European Horse Network (EHN), d’intervenir. Partant de la thématique des « chevaux en fin de »…. fin de vie mais aussi fin de carrière sportive, état de santé détérioré etc. , l’Ifce et l’EHN ont mis l’accent sur la « seconde vie du cheval » : celle qui, élaborée en partenariat avec tous les acteurs de la filière équine (y compris les amateurs) permettrait de redonner de la valeur aux équins en fin de vie ou en fin de carrière. Trois axes de travail ont été avancés :

  1. le retour dans la chaîne alimentaire par l’adoption – voire l’extension future – de la liste des substances essentielles ou à bénéfice clinique, dans le cadre de l’adoption du règlement « médicament vétérinaire » actuellement en discussion au Conseil de l’UE;
  2. la nécessaire responsabilisation des propriétaires – amateurs surtout –  en cas de choix d’exclusion de leur cheval de la chaîne alimentaire (système d’assurance et sensibilisation à la réalité de la fin de vie du cheval) ;
  3. la « seconde vie » du cheval par une politique de reconversion plus ample et plus systématique. En s’appuyant sur les exemples déjà existant pour les galopeurs (programme « Au-delà des pistes » et programme international IFAR) il s’agirait pour tous les acteurs concernés (professionnels et amateurs) d’explorer les pistes de reconversion possibles des équidés en tenant compte des nouvelles formes d’utilisation du cheval qui se développent un peu partout en Europe : équitation pour adulte et travail à pied, médiation équine, thérapie équine, reconversion vers l’attelage etc.

Plusieurs États membres (Danemark, Suède, Allemagne) ainsi que l’association internationale World Horse Welfare – membre officiel de la plate-forme –  l’Ifce et le  European Horse Network ont plaidé en faveur de la constitution d’un sous-groupe informel dont les travaux pourraient être présentés sur la plate-forme européenne. La Commission a favorablement accueilli ce projet dont le pilote devrait être le Danemark. L’Ifce, de son côté, demandera à la représentation française l’appui et la participation de la France, aux côtés des Etats-membres déjà investis.

Visionner le streaming de la réunion

Claire Cordhilac

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