Histoire de la marque Cadre noir


La marque Cadre noir symbolise des valeurs fortes dans le domaine de l’équitation et de l’imaginaire collectif de la société française. En s’appuyant sur les doctrines équestres successives qu’il maîtrise et fait évoluer, le Cadre noir est devenu au fil des siècles un producteur de « normes » de l’équitation à la française, qu’il enseigne et transmet. Il détient des savoir-faire qu’il illustre et partage à travers des présentations et des galas. Il est le devenu le détenteur d’une culture unique, reconnue par l’Unesco, comme patrimoine immatériel de l’humanité, l’Équitation de tradition française. Le Cadre noir est incarné par un « corps de ballet », les écuyers, équipe soudée, réfléchissante, motivée et instruite, dirigé par l’Écuyer en chef, figure unique dans l’art équestre français, symbole de l’excellence à cheval.

Histoire institutionnelle

L’identité du Cadre noir trouve ses sources dans les pratiques équestres militaires en Europe.

  • En 1825, pour renforcer les troupes à cheval, une école de Cavalerie est créée à Saumur, composée de quelques grands écuyers civils, issus des Manèges de Versailles, des Tuileries ou de Saint-Germain. Considérés comme l’élite de l’époque, ils forment des élèves officiers de cavalerie : c’est la naissance du Cadre noir de Saumur.
  • En 1828, le premier carrousel est présenté. Les écuyers exécutent les reprises de Sauteurs et d’Instructeurs. Lors de cette présentation, les écuyers sont déjà coiffés du « chapeau de manège », aussi appelé « lampion » ou « bicorne ».
    En 1830, avec la disparition de l’École de Versailles, Saumur devient la seule école dépositaire de la tradition équestre française. En 1847, la forme des sauts d’école est fixée et ne changera plus jusqu’à nos jours.
  • Au début du XXe, le Cadre noir s’intéresse aux compétitions équestres récemment introduites aux Jeux olympiques. Ses cavaliers vont peu à peu s’illustrer dans chacune des trois disciplines : dressage, saut d’obstacles et concours complet d’équitation.
  • La Première Guerre mondiale dissout le Manège, les écuyers sont alors répartis dans les différentes unités ; 19 périront au champ d’honneur. L’École et le Manège rouvrent en 1919. Le Cadre noir a une nouvelle tenue (tunique fendue noire) et une nouvelle orientation plus moderne et sportive. Le Cadre noir multiplie les sorties afin de montrer le travail des écuyers.
  • Le déclenchement du second conflit mondial mobilise à nouveau les troupes de l’École. 800 chevaux et 800 élèves partent au front pour la Drôle de guerre. En 1941, un nouvel écuyer en chef est nommé, les cadres du Manège sont comptabilisés comme sportifs et non comme militaires ; leurs galons sont noirs et non dorés. En 1942, l’armée allemande envahit la zone libre, ce qui dissout de fait l’armée française d’armistice. Le Manège est maintenu après négociations comme «École nationale d’équitation» sous la responsabilité du commissariat aux sports. Elle est déménagée au Carrousel de Fontainebleau.
  • En 1945, l’École rouvre et devient l’« École d’application de l’arme blindée et de la cavalerie ».
  • En 1972, L ’École nationale d’équitation est créée par décret et placée sous l’égide du ministère de la jeunesse et des sports. Le Cadre noir lui est rattaché. L’objectif de l’École est de former les cadres enseignants d’équitation. Depuis 1996, le Cadre noir est décrit comme « l’ensemble du corps enseignant de l’École nationale d’équitation », ses membres sont sélectionnés sur leurs performances en équitation sportive et l’obtention du brevet d’état d’éducateur sportif du deuxième degré.
  • En 2010, l’École est fusionnée avec les Haras nationaux pour former l’Institut français du cheval et de l’équitation. Ses membres sont composés de civils et de quelques militaires dont l’écuyer en chef.

Des maîtres et des écuyers à l’origine de la doctrine équestre française

De l’instruction militaire et du dressage des chevaux jusqu’aux différentes pratiques équestres, compétitions ou spectacles, le Cadre noir a incarné au fil des siècles des doctrines équestres successives qu’il a fait évoluer. Ces doctrines sont incarnées par des écoles, l’école de Versailles par exemple, ou par des écuyers illustres : La Guérinière, d’Absac, d’Aure, Baucher, L’Hotte, Wattel, Danloux, Decarpentries, Margot, Durand, etc. Le Cadre noir a toujours accompagné les courants équestres des différentes époques pour les adapter à une équitation militaire, puis académique. Ces savoir-faire s’incarnent particulièrement dans le dressage du cheval, le travail des Sauteurs et Manèges. Impulsion, grâce, légèreté, audace, finesse et sobriété sont les marques qui font le style de l’Équitation de tradition française, reconnue patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco en novembre 2011.

Signes graphiques, tenues, sauts d’école et chorégraphies sont constitutifs de la marque Cadre noir

Au fil de son histoire, le Cadre noir s’est symbolisé à travers plusieurs signes graphiques (courbette, lampion) qui en constituent les premiers signes graphiques distinctifs. La tenue noire stabilisée au début du XXe siècle est devenue la tenue emblématique de l’écuyer, qui lui est attribuée à l’issue d’un long processus de sélection. Les figures de haute école, la courbette, la croupade, la cabriole, etc et certaines chorégraphies, comme la reprise des sauteurs en liberté ou la reprise des manèges, sont des marqueurs forts des savoir-faire spécifiques des écuyers et constituent le cœur de l’identité de la marque Cadre noir.

Les écuyers du Cadre noir, l’écuyer en chef du Cadre noir

Véritables experts dans leur discipline, les écuyers du Cadre noir transmettent un savoir technique et théorique aux élèves venus chercher une formation professionnelle sur le site de Saumur. Ils contribuent activement au maintien et au rayonnement de l’équitation française en illustrant et en transmettant ses principes lors de présentations publiques en France et à l’étranger. Ils préparent également les chevaux pour la formation des élèves, chevaux qu’ils valorisent lors des compétitions nationales et internationales.

L’écuyer en chef, responsable du Cadre noir, est issu traditionnellement du corps militaire. Il est le directeur technique, adjoint du directeur de l’école. Garant de l’éthique du Cadre noir et de sa doctrine, il dirige la formation des écuyers et veille à la qualité de l’enseignement dispensé à l’école. Brillant cavalier de compétition dans l’une au moins des trois disciplines olympiques, il possède une culture étendue et une connaissance des milieux équestres qui lui reconnaissent une grande autorité.

Du label pour une formation au gala pour un spectacle, la marque Cadre noir est incarnée par ses écuyers et son écuyer en chef, parce qu’ils sont les détenteurs des savoir-faire équestres académiques.

Les valeurs de la marque Cadre noir

En préservant et en diffusant cette doctrine, le Cadre noir est reconnu comme « un trésor national vivant » (label Unesco). La marque Cadre noir représente « élitisme et exigence », « forte tradition », maîtrise et professionnalisme, haut-niveau », évoquant l’exigence et la recherche de la perfection pour les équitants professionnels ou amateurs, incarnant pour un plus grand public, le rêve d’une relation homme-cheval harmonieuse.

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