L’ attelage asin, une pratique pas si bête !

Ils se sont mêlés aux équidés présents en août dernier à Rosières aux Salines et ils ne sont pas passés inaperçu ! A l’occasion du concours d’attelage, l’Institut français du cheval et de l’équitation (Ifce) accueillait les premières épreuves officielles ouvertes aux ânes. Nous avons rencontré l’une des concurrentes, Sandrine Humbert, passionnée par l’attelage et sa compagne de route Rasta.

Rasta et Sandrine sur le marathon de Rosières

Rasta et Sandrine faisaient partie des 6 attelages asins du concours de Rosières aux Salines

« Sandrine, tout d’abord, peux-tu nous présenter ton attelage, et en particulier Rasta ?
Rasta est une ânesse croisée Baudet du Poitou et Grand Noir du Berry. Elle est arrivée à la maison à l’âge de 8 mois, elle a aujourd’hui 12 ans. C’est une belle aventure que la notre, car nous avons grandi ensemble, elle en tant que ânesse et moi en tant que meneuse. Je me suis occupée de son éducation de base.
Puis j’ai fait appel à Jean-Marc Wozniak pour le débourrage. C’est également lui qui m’a formé et fait passer mes galops d’attelage.

– Pourquoi avoir choisi l’âne pour pratiquer l’attelage ?
– Adolescente, j’ai eu une mauvaise expérience à cheval. Lors d’une séance de saut d’obstacle, j’ai malheureusement eu un accident avec le plus grand cheval de l’écurie. Plus de peur que de mal, mais cela a fait disparaître la petite flamme que j’avais pour le cheval.
L’étincelle est revenue lors d’un séjour professionnel dans un gîte avec des ânes. Une ânesse a mis bas devant moi. J’ai ainsi découvert leur caractère attachant. Et atteler avec un âne est devenu une évidence.

– Beaucoup doivent se poser la question : quelle différence y a t-il avec un attelage « cheval » ?
– J’ai été formé en menant des chevaux. Puis par la suite certains collègues meneurs ont eu la gentillesse de me confier les guides de leurs attelages chevaux. Je peux dire qu’il y a une différence entre ces deux types d’attelage. L’âne est sédentaire, défend son territoire, organise sa pâture. Le cheval est nomade et à un instinct de fuite. Cette façon de vivre se ressent dans la façon de travailler. Le meneur doit s’adapter à l’âne et non le contraire. Les ânes savent faire, n’oublie pas et attendent que nous leur demandions poliment pour donner ce que nous attendons d’eux. Évidemment, il y a une sensation de vitesse avec les chevaux qu’il n’y a pas avec les ânes. Leur allure de prédilection est le trot.

– Existe t-il un circuit de compétition spécifique ?
– Oui, il existe un circuit de compétition spécifique. La Fédération Française d’Equitation (FFE), après échanges avec l’association Ânes Âniers Amis (AAA), offre la possibilité aux organisateurs de concours d’ouvrir une catégorie spécifique pour les ânes. Il existe des dispositions règlementaires-Epreuves d’Attelage Ânes-Mules-Bardots. Nos épreuves, comme vous avez pu le voir lors du concours au Haras de Rosières aux Salines, sont le marathon et la maniabilité. Nous avons également le Championnat de France d’attelage avec des ânes à Lamotte-Beuvron. Rasta et moi y avons participé en 2016. Cette expérience a été incroyable. Sinon les ânes peuvent concourir dans les épreuves club d’attelage destinées à tout type d’équidés.

En parallèle de ce circuit, je suis adhérente à l’ Association Lorraine d’Attelage (ALA) et à l’Association Ânes Âniers Amis (AAA) ou je participe à des derby ou des challenge avec des ânes et/ou des chevaux.

– Peux-tu nous dire quelques mots sur ton expérience dans le milieu de l’attelage ?
– Par rapport à Rasta, lors des premières sorties avec elle, au milieu des chevaux, les gens nous regardaient bizarrement et ont du mal à nous prendre au sérieux. Après un an dans l’ALA, j’ai reçu beaucoup de conseils par d’autres meneurs et nous avons créé des amitiés solides … l’âne est un bon médiateur. Cela montre que l’on peut faire des choses avec un âne quand on s’en donne les moyens.

– Une petite anecdote pour finir ?
– L’âne est un vrai médiateur. Spontanément, les gens viennent nous voir pour discuter, poser des questions. Personnellement, je prendrais l’exemple d’un derby où j’attendais pour rentrer sur la maniabilité combinée. Un autre meneur a remarqué que mon harnais avait un petit souci de réglage. Il s’est arrêté pour m’aider et à réglé le harnais.
Enfin, il est souvent difficile d’embarquer un âne pour partir de l’écurie, mais il est toujours partant pour rentrer ! »

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