Rencontre avec un entraîneur

Les élèves DEJEPS de l’École supérieure du cheval et de l’équitation  (Haras du Pin ) ont eu la chance de rencontrer et d’échanger avec un entraîneur, cavalier de renom, homme de cheval : Jean-Louis ROUDAUT.

Céline Coursan, élève de la promotion 2017/2018 en formation continue DEJEPS nous livre ses notes sur cette rencontre.

FOR DEJEPS Continus 2018 Promotion DEJEPS FPC 2017/ 2018 – Crédit photo : Céline Coursan

Présentation de ce pédagogue exceptionnel, et ancien cavalier de CSO:

Il débute l’équitation à l’âge de 15 ans. Deux ans plus tard, il participe aux championnats d’Europe juniors de concours complet.

Il commence son apprentissage chez Bernard de Vains. Il passe ensuite un an auprès de Jean-Pierre Cancre et gagne cette année là, le Grand Prix de Vichy avec Bébé Rose, propriété de Mr Cancre.

Il s’installe ensuite à son compte, et monte essentiellement des jeunes chevaux et des chevaux appartenant à des éleveurs. Il va alors monter durant une dizaine d’années des étalons de 4 ans nés chez « les Lefèvre » et propriétés des Haras nationaux. Parmi ces étalons, il repère un crack, Paladin des Ifs vainqueur du concours étalons de 3ans en juin à St Lô . Il décide de l’acheter, et ce nouveau couple fera alors une très belle carrière . En 1992, Paladin des Ifs est élu « Cheval de l’Année » et Jean-Louis reçoit le titre de « Meilleure progression mondiale » de l’année avec des victoires comme celles du GP CSIO de Dinard ou la coupe des nations de Rotterdam 1992.

Il accompagne des jeunes (par leur âge ou par leur expérience) cavaliers depuis 5ans : Jean Le Monze , Alain Bourdon, ponctuellement Laurent et Yoann Le Vot, Manon Ravenel (Championne de France junior), Edouard Coral, Pierre Antoine Sels (junior), et Bernard Briand Chevalier qui est passé du championnat Pro 2 au CSIO 5* en seulement 3 ans.

FOR- JL ROUDAUT DEJEPS Saumur

Cavalier : un métier, des expériences et surtout des rencontres:

Pour Jean-Louis, le métier de cavalier est un métier formidable, varié (car il n’y a pas 2 chevaux identiques) qui donne la possibilité de rencontrer des difficultés et de les surmonter, et d’avoir ainsi une meilleure estime de soit. Il faut rester ouvert d’esprit, éviter de se renfermer sur soi-même, et savoir revenir aux bases continuellement.

Avant d’atteindre cette maturité, les jeunes cavaliers doivent bouger, et rencontrer des professionnels pour se construire leur propre expérience. Acquérir un bagage technique nécessite du temps, il faut donc de la patience. Les résultats dépendent du cavalier certes mais il est également essentiel de « rencontrer les bonnes personnes » et de bien sélectionner les chevaux, pour avoir à monter des chevaux de qualité, car le cheval, c’est 70 % du résultat.

Les propriétaires et les rencontres:

C’est pourquoi les propriétaires sont indispensables, et il faut savoir les trouver et surtout les « garder ».

La relation cavalier / propriétaire peut être complexe. Elle évolue, il faut l’entretenir, être à l’écoute des propriétaires et « parler vrai » avec diplomatie. Il est très important de partager les mêmes valeurs pour être en phase.

Lorsque le cavalier rencontre un bon cheval, Jean-Louis encourage vivement les cavaliers à investir si possible sur une part, car il y a de la valeur à mettre du travail sur des chevaux qui seront à vendre à terme, et dont on est propriétaire en partie. Ceci permet également d’engager le propriétaire avec son cavalier.

Le travail des chevaux:

Il faut avoir de la rigueur dans le travail au quotidien, et développer une méthode d’entraînement logique pour le bon développement du jeune cheval. Cet entraînement doit être varié pour conserver le bon moral du cheval. Cela commence dès le pansage qui permet un temps d’observation essentiel pour évaluer l’état physique et moral du cheval, et si besoin adapter le travail de la journée.

JLR conseille de ne pas juger les jeunes chevaux trop vite. Par exemple, certains chevaux sont nés tard par rapport à d’autres (Juin/Juillet), et cela a un impact non négligeable sur leur maturité.

Le travail de base sur le plat est très important. Il faut aller progressivement dans les difficultés, par paliers. Le travail sur des cavalettis est très intéressant :

  • pour le cheval qui va améliorer son équilibre, et se muscler dans le bon sens pour sauter,

  • pour le cavalier qui va améliorer sa position et sa souplesse.

Le fait de faire monter son cheval par d’autres cavaliers permet de le voir sous un autre angle, et de valider ou non l’avancement de son niveau de dressage.

Le cavalier doit savoir revenir en arrière. Par exemple, s’il a des difficultés pour aborder au galop, il peut revenir sur des abords au trot.

Le travail de qualité sera toujours récompensé.

La préparation du cavalier

Le cavalier doit travailler sur lui-même, son corps et son mental :

  • Entretenir sa condition physique : sport, yoga, avoir un bon ostéopathe pour être « en ligne » et ainsi être en mesure de bien monter.

  • Travailler sur son moral : il doit se faire accompagner pour positiver les événements de l’écurie. L’environnement proche, le contexte familial, est essentiel pour cela. On avance

  • beaucoup plus vite quand on a un bon moral. Le cheval ressent tout, et il est dommage de rater une épreuve à cause d’un paramètre mental. Autre point : avoir plusieurs chevaux à monter permet de varier, et ne pas se laisser démoraliser par des difficultés avec un cheval.

Le cavalier, même s’il a l’aide d’un préparateur mental, doit être en mesure de fixer lui-même ses objectifs et d’identifier les concours à engager dans la saison. Il est bon de noter par écrit des concours prévus, et les résultats associés.

Les infrastructures de travail

Importance de bien choisir le site de son installation : il faut être bien placé, accessible, proche des axes routiers pour déplacer facilement les chevaux vers les sites de compétitions.

Les compétitions internationales

Les compétitions évoluent, avec des cavaliers qui se déplacent avec toute leur équipe : coach, ostéopathe, vétérinaire, maréchal ferrant.

La discussion entre les entraîneurs et le staff fédéral est très régulière.

Le modèle américain

Ce qui se développe aux USA arrive toujours en Europe avec 10 ans de retard. Les américains ont recours aux entraîneurs privés depuis de nombreuses années, il y a du potentiel en France dans ce métier déjà, et c’est en développement. Aux USA, les coaches français sont souvent seuls, car les américains ne les intègrent pas forcément dans la vie sociale.

Il est nécessaire aujourd’hui de parler l’anglais pour ouvrir les possibilités en termes de coaching comme de commerce.

Enseigner pour progresser

Enseigner permet de prendre du recul face aux « petits 4 points ». Un parcours ne dure que 70 secondes en moyenne, donc les fautes peuvent être très frustrantes. Il faut savoir voir le côté positif de ces parcours.

Jean-Louis recommande d’utiliser dès que possible la vidéo qui est un outil aujourd’hui très accessible, et très efficace pour les cavaliers (caméra sur les téléphones, WhatsApp).

Il ne faut pas hésiter à monter sur le cheval d’un élève pour ressentir ce qu’il se passe sous la selle, et être à même de conseiller au mieux le cavalier.

Exercice du jour mis en place pour les DEJEPS

Ligne de 4 cavalettis (distance 3,5m), puis un vertical en ligne brisée à gauche ou oxer en ligne brisée à droite (ou mettre un obstacle directionnel).

Recommandation : utiliser un décamètre pour avoir la bonne distance.

Cet exercice est adapté pour tous les chevaux à partir de 5 ans. Ce dispositif permet de travailler sur l’équilibre du cavalier. Il permet également d’amuser le cheval, de le rendre réactif et d’améliorer son équilibre.

  • Abord au galop : le galop doit être constant, sinon il faut retravailler la qualité du galop sur le cercle. Commencer à la bonne main du cheval.
  • Importance de la longueur d’étrier, souvent trop longs, ce qui crée un déséquilibre. Le cavalier doit être au-dessus de ses pieds.
  • Gérer les actions de main : elles doivent être souples. Il faut éduquer les chevaux à la légèreté, dans la légèreté, pour qu’ils apprennent à se prendre en charge. L’utilisation d’un collier peut permettre de respecter la bouche du cheval.Il faut dresser les chevaux à écouter l’assiette du cavalier pour avancer ou revenir, et ainsi réduire au maximum les actions de mains.

 

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