La performance par Thomas Coville : récit de la journée sport par Céline, élève DEJEPS

Le 14 décembre dernier, la journée sport de l’IFCE a été l’occasion de parler performance et préparation avec des experts de la compétition sportive: Thomas Coville , Claude Onesta et Thierry Pomel.

Céline COURSAN en formation continue DEJEPS sur le site du Pin s’est rendue avec ses « camarades de classe » à Saumur pour suivre cette journée sport riche en enseignements.

FOR DEJEPS
Céline n’est pas venue en simple auditrice, elle a consciencieusement pris en note les récits captivant des trois grands champions, et nous livre ainsi  son carnet de notes. Nous commençons aujourd’hui par la présentation de Thomas Coville, le marin de l’année.
Une année exceptionnelle pour Thomas COVILLE,  « Marin de l’année 2017» , :
  • record du tour du monde à la voile en solitaire en 49 jours ( avant que François Gabart ne batte le record en cette fin d’année 2017)
  • vainqueur de la transat Jacques VABRE en duo en 7 jours et 22h, et record de l’atlantique Nord en solitaire en 4 jours et 11 h
Né en 1968 (49 ans), il est ingénieur de formation (Math Spé). Il est avant tout un athlète, qui bénéficie des conseils d’entraineurs.
Bien qu’il ait enterré son père hier, Thomas a tenu à être présent ce 14 décembre, car il est très inspiré par Claude ONESTA. C’est la principale motivation de sa présence.
Il participe très rarement à des conférences, mais il considère que s’il faut savoir DONNER, il faut aussi savoir RECEVOIR des autres.
Thomas consacre plus de 200 jours par an à la navigation.
FOR-JSport

L’ échec pour la victoire.

Thomas a connu de nombreuses tentatives infructueuses : il est souvent «tombé» comme on pourrait tomber de cheval.
Il lui aura fallu 5 essais avant de battre le record du tour du monde en solitaire.
Dans ce parcours, son engagement a été total, puisque commettre certaines erreurs peut être fatal en plein milieu de l’Océan.
En solitaire, il est celui qui est dans l’action, il doit faire les bons choix, et la prise de décision est parfois une épreuve.
«Protège-toi contre ton courage »
Il a du faire des choix «raisonnables», et se rappeler qu’échouer permet de mieux rebondir par la suite. Il a du, par exemple, faire demi -tour face à une mer de glace annoncée par ses guides.
Engager le bateau vers cette mer de glace n’aurait pas permis de faire un retour en arrière.
Mais faire demi -tour était comme un nouvel abandon de son projet, et un nouvel échec dans sa quête de record. Or il a eu trop souvent «la nausée de l’échec».
Poussé dans ses retranchements, la décision à prendre était donc vitale, une mauvaise décision l’aurait conduit vers une forme de suicide. Thomas admet qu’il a été face à des idées noires, et qu’il doit encore aujourd’hui apprendre à vivre avec elles.
Après ces expériences très fortes, et surtout l’expérience de la réussite, TC a envie de transmettre aux autres aujourd’hui car « ça a marché ». Et ce succès légitime son action, sa parole.
Il cite la «Bienveillance» de l’entraineur comme une règle majeure de la performance. Le retour attendu est la réussite d’un objectif commun, la réussite d’une équipe.
La victoire est plus grande lorsqu’elle rayonne sur les autres : une équipe, un public.
Image de la pyramide de champagne : la victoire est plus grande quand elle accède aux coupes de champagne qui sont en bas de la pyramide, elle vous dépasse.
A la différence de l’équitation, la voile est un sport mécanique, mais dans ces 2 sports, des nombreux paramètres externes à l’athlète doivent être maitrisés.

Importance du «Connais – toi toi-même »

L’athlète doit apprendre à être en autonomie mais sans jamais tomber dans l’excès de technique et de préparation physique.

Sur le rôle du coach

Une nuit, il a percuté un cargo. Son bateau s’est trouvé coupé en deux. Une telle « chute» (épreuve/ échec) peut être la source d’une évolution majeure pour l’athlète. Thomas a ressenti un énorme sentiment de culpabilité à cette occasion. Son sponsor est venu le trouver, et lui a demandé «de se faire aider». Il avait alors deux options : accepter et avancer, ou se replier sur lui – même. Il a alors pris contact avec un préparateur mental. Après deux essais infructueux, il a finalement trouvé une personne avec qui travailler. Mais il a posé son cadre: « j’ai peur du gourou, je ne veux pas une psychothérapie, et j’ai envie de gagner ».
 La coach lui a posé une seule question pour démarrer : « A quoi te sert ta culpabilité ? ». Il aura eu besoin de 2 mois et demi pour répondre à la question, et cela lui aura coûté « 500 boules » , mais cela l’a fait avancer d’ un grand pas !

Sur ce qui vous fait avancer

Chaque être est unique et singulier, certains choisissent une expression artistique pour exprimer cette singularité, d’autres un sport de haut niveau.

Sur la préparation physique

Un marin performant qui fait la tournée des bars tous les soirs, ça n’existe plus.
Il faut avoir le goût de l’effort, mais attention de ne pas se complaire dans le faux confort de la préparation physique qui rassure. Attention aux obsédés du travail.
Attention au sur-entrainement, il faut penser à la récupération.
Un préparateur physique lui a dit un jour pour un premier entrainement: « Et bien aujourd’hui, on ne va rien faire!»

Sur la préparation mentale

Comme Roger Federer, il faut accepter de « Bien mal jouer» : reconnaitre les situations, objectiver les actions, comprendre/accepter que la performance n’est pas une courbe linéaire mais plutôt une
courbe sinusoïdale, par laquelle on passe du marécage en bas à la victoire en haut.
Sur l’attention et la concentration «Pour gagner cette putain de course», il faut maitriser le temps.
TC a appris à s’endormir en 3 minutes, pour une séquence de 30 minutes qu’il doit répéter X fois par jours.
Il doit être capable de se concentrer à l’instant T pour être dans l’action.
Il s’est par exemple exercé à compter les lettres U dans un texte qui lui était lu, alors qu’il pratiquait un entrainement physique.
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